Un nouveau drame humain frappe le périmètre minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans un communiqué publié le 8 mars 2026, le gouvernement congolais a déploré un glissement de terrain survenu à l’aube du 7 mars dans une zone d’exploitation minière illégale, ayant provoqué la mort de plusieurs personnes, dont des nourrissons et des enfants. L’exécutif impute cette tragédie aux activités de creusage incontrôlées menées dans une zone classée « rouge » et sous occupation armée de la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Kinshasa affirme vouloir engager des poursuites contre les acteurs impliqués dans l’exploitation illégale des minerais et appelle la communauté internationale à prendre la mesure de cette catastrophe.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a exprimé sa « profonde consternation » après une nouvelle tragédie survenue dans le périmètre minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans un communiqué publié dimanche 8 mars 2026, les autorités congolaises ont annoncé qu’un glissement de terrain massif avait englouti des galeries artisanales dans un site minier exploité illégalement, causant la mort de plusieurs personnes.
Selon les premières informations, le drame s’est produit le samedi 7 mars 2026 vers 4 heures du matin sur le site minier Gakombe, également connu sous le nom de Gatambi Kalambairo, situé dans le périmètre du permis d’exploitation PE-16159 de la Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA), à Rubaya.
Les autorités indiquent que le glissement de terrain serait survenu après de fortes pluies, dans un contexte de creusage intensif, non contrôlé et illégal des galeries minières. « Ce glissement de terrain massif a causé la mort de plusieurs personnes, parmi lesquelles des nourrissons et des enfants », indique le communiqué du gouvernement.
Outre les pertes en vies humaines, plusieurs blessés ont été signalés et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés. Des habitations situées à proximité du site minier, dans le village de Kalambairo, ont également été endommagées, plongeant la population locale dans un profond traumatisme.
Toutefois, en raison de la situation sécuritaire particulièrement instable dans cette zone du Nord-Kivu, l’accès au site du drame demeure limité, rendant difficile l’établissement d’un bilan précis. La région reste sous l’influence de la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda, ce qui empêche pour l’instant la confirmation indépendante du nombre exact de victimes.
Cette tragédie intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs incidents similaires dans la région. Le gouvernement rappelle notamment que deux autres catastrophes minières se sont produites les 28 janvier et 3 mars 2026 dans les sites de Rubaya. La répétition de ces drames met en évidence les risques extrêmes auxquels sont exposées les populations civiles, notamment les creuseurs artisanaux et parfois même des enfants impliqués dans ces activités dans des galeries instables et non sécurisées.
Le gouvernement rappelle également que le périmètre minier de Rubaya est officiellement classé « zone rouge », un statut qui interdit toute activité d’extraction, de transformation ou de commercialisation des minerais provenant de cette zone.
Dans ce contexte, les activités minières qui s’y poursuivent sont considérées comme une violation de la législation congolaise et des normes élémentaires de sécurité. Kinshasa estime par ailleurs que ces opérations s’inscrivent dans un système organisé d’exploitation illégale des ressources naturelles, mis en place par la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda afin d’alimenter une économie de guerre.
Par ailleurs, les autorités congolaises annoncent avoir pris des dispositions pour saisir les juridictions compétentes afin de poursuivre les personnes impliquées dans l’exploitation illégale des minerais dans cette zone sous occupation armée.
Kinshasa indique également vouloir documenter les violations des droits humains ainsi que les circuits de commercialisation illicite des minerais issus de ces zones, afin d’établir les responsabilités.
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