La parole présidentielle rwandaise rebat les cartes du débat régional. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Paul Kagame évoque l’implication supposée de Joseph Kabila au sein de l’AFC/M23, donnant un écho direct aux accusations formulées par Félix Tshisekedi sur la scène internationale. Dans le même temps, Kigali affiche son refus de retirer ses forces, en dépit des engagements pris dans le cadre des discussions diplomatiques.
Une déclaration qui fait l’effet d’un coup de tonnerre diplomatique. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame a affirmé que « l’AFC/M23 est un groupe large », ajoutant avoir constaté que « même l’ancien président Kabila en fait maintenant partie ou est associé d’une manière ou d’une autre ».
Ces propos interviennent dans un contexte de fortes tensions entre Kigali et Kinshasa, et viennent conforter les accusations répétées des autorités congolaises. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, en février 2025, le président Félix Tshisekedi avait déjà publiquement établi un lien entre l’ancien chef de l’État congolais et la rébellion de l’AFC/M23.
À l’époque, ces accusations avaient suscité scepticisme et controverses sur la scène internationale comme au sein de l’opinion congolaise. Les déclarations de Paul Kagame apparaissent aujourd’hui comme un élément nouveau dans ce dossier sensible, en ce qu’elles émanent directement du chef de l’État rwandais, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir les groupes armés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo.
Au-delà de la question des alliances supposées, l’entretien du président rwandais marque surtout une inflexion sur le plan militaire. « Nous refusons de lever les mesures défensives », a-t-il déclaré, assumant ainsi le maintien de forces rwandaises sur le terrain. Une position qui entre en contradiction avec les engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques, notamment celles soutenues par les États-Unis et d’autres partenaires internationaux appelant au retrait des troupes étrangères.
Cette posture alimente les critiques de Kinshasa, qui dénonce une violation de sa souveraineté territoriale et une remise en cause des efforts de désescalade. Elle intervient également alors que la pression internationale s’accentue pour obtenir un cessez-le-feu durable et relancer les processus de paix régionaux.
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