Face à la recrudescence des kidnappings dans le Kasaï-Central, une cérémonie traditionnelle s’est tenue à Bena Mvula, dans le territoire de Demba. Initiée par le chef coutumier Dibinga Mpalekeyi, cette mobilisation a pour but d’invoquer les ancêtres et de protéger la communauté. Si le rituel représente un espoir pour les habitants, ceux-ci insistent sur la nécessité d’une action renforcée de l’État pour garantir la sécurité sur le long terme.
Une cérémonie traditionnelle a eu lieu jeudi 2 avril 2026 dans le village de Bena Mvula, situé dans le groupement Bakua Beya Lomba, dans le territoire de Demba, province du Kasaï-Central. Organisée par le chef coutumier Dibinga Mpalekeyi, cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où les cas de kidnappings se multiplient de manière inquiétante dans la région.
Depuis quelques semaines, les enlèvements sont en forte hausse, créant un climat de peur et d’insécurité parmi les habitants. Face à cette situation, les autorités coutumières ont choisi de recourir à des pratiques ancestrales qu’elles considèrent comme un moyen spirituel de protection collective. Le rituel a été conçu pour invoquer les ancêtres afin de préserver la population et rétablir un climat de sécurité.
Le chef Dibinga Mpalekeyi a expliqué que cette cérémonie avait pour but de renforcer symboliquement l’inaccessibilité des habitants face aux malfaiteurs. « Nous organisons cette cérémonie pour que les kidnappeurs voient les gens comme des papillons », a-t-il déclaré, soulignant ainsi l’aspect spirituel et dissuasif du rituel. Dans l’imaginaire local, de telles pratiques ancestrales sont perçues comme un bouclier contre les menaces visibles et invisibles.
Une forte mobilisation communautaire
L’événement a attiré un grand nombre de participants, réunissant les habitants de Bena Mvula et des villages alentours. Pour beaucoup, cette démarche dépasse le cadre du simple rituel : elle symbolise la résilience des communautés face à l’insécurité croissante. Entre espoir et nécessité, la population exprime son attachement aux pratiques traditionnelles de protection, faute d’une réponse sécuritaire jugée insuffisante.
Toutefois, malgré cette initiative locale, les habitants insistent sur l’urgence d’une intervention renforcée des autorités administratives et sécuritaires. Ils appellent à une présence policière accrue et à des stratégies plus efficaces pour lutter contre les kidnappings. Pour eux, la réponse coutumière ne peut pas se substituer à l’action de l’État, qui doit garantir la sécurité de ses citoyens de manière durable.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

