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7 avril, 2026 - 01:49:27
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Or en RDC : le gouvernement lance une stratégie renforcée de traçabilité et contrôle

Cap sur la sécurisation de l’or congolais. Réuni le 3 avril 2026 à Kinshasa, le Conseil des ministres, présidé par la Première ministre, a acté un ensemble de mesures visant à mieux encadrer l’exploitation et l’exportation du métal précieux. Traçabilité renforcée, bancarisation des acteurs artisanaux, déploiement des services de contrôle aux frontières : le gouvernement entend reprendre la main sur un secteur stratégique, longtemps fragilisé par les circuits informels. Une phase pilote est annoncée dans le Haut-Uélé, avec un suivi rapproché pour évaluer l’efficacité des réformes engagées.

La question de la gouvernance de l’or artisanal s’impose à nouveau comme une priorité stratégique pour l’exécutif congolais. Réuni en sa quatre-vingt-cinquième session ordinaire, le vendredi 3 avril 2026 à la Cité de l’OUA à Kinshasa, le Conseil des ministres, présidé par la Première ministre, Cheffe du Gouvernement, a consacré une large part de ses travaux à la captation et à la sécurisation du flux aurifère en République démocratique du Congo.

Dans son intervention, la cheffe de l’exécutif a relayé les préoccupations exprimées par le Président de la République lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 20 février 2026. Elle a insisté sur « la nécessité du renforcement de la stratégie du Gouvernement dans la captation et la sécurisation du flux d’or », soulignant les enjeux économiques et sécuritaires liés à ce secteur.

Pour répondre à ces préoccupations, une équipe de travail a été mise en place, réunissant des experts issus des ministères et des services techniques concernés. Cette commission a été chargée d’identifier des solutions concrètes et opérationnelles, en vue de mieux encadrer la chaîne de valeur de l’or, depuis l’extraction jusqu’à l’exportation.

Les conclusions de ces travaux ont permis de dégager plusieurs axes d’intervention prioritaires. Parmi les mesures retenues figure la finalisation de la révision du manuel de procédure de traçabilité des produits miniers, afin d’assurer un suivi rigoureux de l’or à toutes les étapes de son circuit. Le gouvernement entend également conclure le processus de révision du décret encadrant le Centre spécialisé d’achat, de commercialisation et d’exportation de l’or issu de l’exploitation artisanale, notamment en ce qui concerne les aspects liés à la procédure et à la fiscalité.

Autre levier identifié : la bancarisation progressive des coopératives minières et des négociants, une mesure destinée à formaliser davantage les transactions et à limiter les flux financiers informels. À cela s’ajoute le déploiement effectif de l’Inspection générale des mines (IGM) ainsi que du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) aux postes frontaliers, afin de renforcer les contrôles et de lutter contre la fraude.

Le gouvernement prévoit en outre d’intensifier la participation de la RDC aux mécanismes régionaux, notamment au sein du comité d’audit et dans l’exécution du plan d’action du mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dans une logique de traçabilité et de transparence à l’échelle régionale.

Au regard de l’importance stratégique de ces réformes, la Première ministre a instruit le ministre des Mines de procéder à leur mise en œuvre « dans les meilleurs délais », en commençant par une phase pilote dans la province du Haut-Uélé, l’une des principales zones de production aurifère du pays.

Un rapport de démarrage ainsi qu’un rapport à mi-parcours devront être transmis à la Primature, afin d’assurer un suivi rigoureux et d’ajuster, le cas échéant, les mécanismes déployés. Cette approche progressive vise à tester l’efficacité des mesures avant leur généralisation à l’ensemble du territoire national.

À travers cette nouvelle feuille de route, le gouvernement congolais affiche sa volonté de mieux structurer le secteur aurifère, de maximiser les recettes publiques et de réduire l’impact des circuits illicites. Une ambition qui s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme de la gouvernance minière, dans un pays où les ressources naturelles demeurent au cœur des enjeux économiques et de souveraineté.

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