Des perspectives financières majeures pour relancer le tourisme congolais. À l’issue du Sommet Émirats arabes unis–Afrique tenu à Dubaï en octobre 2025, la République démocratique du Congo a obtenu l’alignement de près de 1,9 milliard de dollars pour plusieurs projets structurants. Présenté au Conseil des ministres du 3 avril 2026, ce portefeuille d’investissements cible notamment les aires protégées, les circuits touristiques et des sites emblématiques. Le gouvernement entend désormais accélérer la préparation technique et mobiliser les ministères concernés afin de capter efficacement ces financements.
Le secteur du tourisme congolais pourrait connaître un tournant décisif, porté par de nouvelles perspectives d’investissement issues de la coopération internationale. Lors de la quatre-vingt-cinquième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 3 avril 2026 à Kinshasa, le ministre du Tourisme a présenté les retombées du premier Sommet Émirats arabes unis–Afrique consacré aux investissements touristiques, organisé à Dubaï du 25 au 29 octobre 2025.
Au cœur de cette rencontre, un catalogue de projets à l’échelle du continent africain, évalué à 6 milliards de dollars américains, a été constitué pour soutenir le développement du tourisme. Sur ce montant global, la République démocratique du Congo s’est vu attribuer une enveloppe de 1,882 milliard USD, soit près de 31 % des financements envisagés.
« Quatre de nos projets présentés ont retenu l’attention des Émirats », a indiqué le ministre, soulignant l’intérêt manifesté par les partenaires pour les potentialités touristiques du pays. Ces projets couvrent plusieurs segments du secteur, allant de la valorisation des aires protégées à la modernisation des infrastructures touristiques.
Le premier axe concerne le développement du circuit des aires protégées de l’Ouest du pays. Ce projet englobe notamment le Jardin zoologique et botanique de Kinshasa, le Parc marin des mangroves de Moanda, le Parc national de Kundelungu ainsi que la réserve de Bombo Lumene. L’objectif est de structurer une offre écotouristique cohérente et attractive, capable de valoriser la biodiversité exceptionnelle de la RDC.
Un deuxième projet porte sur la rénovation et le développement du village touristique de la N’sele, situé à proximité de Kinshasa. Ce site, considéré comme stratégique pour le tourisme de loisirs, pourrait bénéficier d’une modernisation de ses infrastructures afin d’attirer une clientèle nationale et internationale.
Le gouvernement mise également sur le développement de circuits touristiques intégrés. Deux axes ont été identifiés : le corridor routier Moanda–Kinshasa–Kananga et le circuit fluvial Kinshasa–Mbandaka–Kisangani. Ces itinéraires visent à renforcer la connectivité entre différentes régions du pays tout en valorisant leur patrimoine naturel et culturel.
Enfin, la réhabilitation et la modernisation du site touristique de Kitona, également connu sous le nom de Lippens, figurent parmi les projets retenus. Ce site côtier, doté d’un potentiel touristique important, pourrait devenir un pôle d’attraction majeur après sa mise à niveau.
Si ces projets ouvrent des perspectives prometteuses, leur concrétisation dépend encore de plusieurs étapes. « Les modalités pratiques et la feuille de route d’accès aux fonds seront définies dans le cadre d’un sommet à Nairobi », a précisé le ministre. Cette prochaine rencontre devrait permettre de clarifier les conditions de financement et d’engagement des partenaires.
Dans cette optique, le gouvernement s’emploie à préparer les préalables techniques nécessaires. En collaboration avec le ministère du Plan, le ministère du Tourisme travaille à l’élaboration des fiches de projets d’investissement, un document essentiel pour structurer les demandes de financement.
Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une approche intersectorielle. Il a sollicité l’implication accrue de plusieurs ministères clés, notamment ceux des Finances, du Budget, des Affaires foncières et des Infrastructures, afin de garantir une mise en œuvre efficace des projets.
« Il est essentiel de poursuivre ce travail en synergie et de l’élargir aux ministères intervenants dans ce secteur », a-t-il déclaré, mettant en avant l’importance de la coordination gouvernementale pour maximiser les retombées économiques.
Infos27

