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3 juin, 2026 - 04:59:15
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Après l’état de la Nation, la riposte : Kabund accuse Tshisekedi de “manipulation” sur la crise à l’Est

À peine Félix Tshisekedi avait-il rangé ses notes qu’une réplique fulgurante s’abattait déjà sur son discours : Jean-Marc Kabund, devenu l’un des visages les plus tranchants de l’opposition, a choisi la voie de la confrontation directe. Dans une sortie cinglante, il dénonce un discours présidentiel « incohérent », « manipulateur » et déconnecté des réalités sécuritaires du pays. L’ex-allié, devenu pourfendeur acharné du régime, attaque surtout ce qu’il présente comme un virage contradictoire dans la gestion du conflit à l’Est. L’ancien allié devenu adversaire accuse le chef de l’État d’avoir présenté « une incohérence politique flagrante » pour masquer une impasse sécuritaire à l’Est. La critique vise le cœur du récit présidentiel : les négociations avec Kigali, l’accord de Washington, la promesse sans mixage ni brassage. Kabund y voit un virage stratégique dissimulé sous une communication « populiste ». 

À peine prononcé, déjà contesté : le discours sur l’état de la Nation livré le 8 décembre par le président Félix Tshisekedi a suscité une réaction tranchante de Jean-Marc Kabund. Le président de l’Alliance pour le Changement, figure désormais centrale de l’opposition, accuse l’exécutif d’un « brouillage politique délibéré » autour du conflit dans l’Est. Une critique qui s’inscrit dans une stratégie assumée de démarcation frontale vis-à-vis du pouvoir.

Kabund, dont les prises de position se sont durcies depuis sa rupture avec la majorité, reproche au chef de l’État un changement de ligne sur les négociations avec le Rwanda. « Hier, il rejetait toute idée de négociation avec Paul Kagame et le M23. Aujourd’hui, il signe des accords, entame des discussions, tout en affirmant qu’il n’y aura ni mixage ni brassage », dénonce-t-il. Pour lui, cette évolution relève moins d’un pragmatisme diplomatique que d’une « contradiction destinée à maquiller l’impasse militaire ».

Au-delà des accusations, c’est la lecture même du rapport de force qui oppose les deux hommes. Là où le président Tshisekedi affirme avoir obtenu un recul diplomatique majeur du Rwanda, Kabund y voit un aveu de faiblesse. L’opposant insiste : « Le cessez-le-feu qu’on nous présente comme un succès n’est même pas respecté. » À ses yeux, la communication présidentielle « creuse la distance entre les dirigeants et les citoyens », qui vivent encore les violences au quotidien.

Cette charge, prononcée sur un ton mordant, s’inscrit dans une séquence où l’opposition teste la cohérence du pouvoir sur le dossier le plus sensible de la législature : la restauration de la souveraineté nationale dans l’Est. Elle traduit également la bataille pour l’interprétation de la crise, alors que les instruments diplomatiques : Accords de Washington, mécanismes conjoints, engagements régionaux, redéfinissent peu à peu les marges d’action du pays.

Kabund le sait : la crédibilité politique se joue autant sur le terrain que dans la parole publique. Sa formule finale, « Si le mensonge et la manipulation avaient un visage… », veut frapper les esprits. Elle révèle aussi un repositionnement assumé : celui d’un opposant qui cherche à incarner l’intransigeance face à un pouvoir qu’il juge trop conciliant.

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