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2 juin, 2026 - 18:50:03
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Gabon : suspension immédiate des réseaux sociaux sur tout le territoire, la HAC invoque la sécurité nationale

Coup de tonnerre dans le paysage numérique gabonais. La Haute autorité de la communication (HAC) a ordonné mardi la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire « jusqu’à nouvel ordre », une mesure exceptionnelle justifiée par la prolifération de contenus jugés diffamatoires, haineux et déstabilisateurs pour l’État. Le régulateur estime que les plateformes numériques sont devenues des vecteurs de désinformation et de cyberharcèlement susceptibles de menacer la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Cette décision, qui devrait entraîner le blocage de Facebook, X, TikTok et Instagram, intervient dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans l’information, l’économie numérique et l’expression publique au Gabon. Si la HAC affirme ne pas remettre en cause la liberté d’expression, la mesure suscite déjà des interrogations sur ses conséquences pour les citoyens, les médias et les activités en ligne, en l’absence de calendrier précis pour un éventuel rétablissement.

La Haute autorité de la communication (HAC) du Gabon a annoncé, mardi 17 février à Libreville, la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national « jusqu’à nouvel ordre », invoquant la nécessité de préserver la cohésion sociale, la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale.

La décision a été prise lors d’une séance plénière ordinaire présidée par Germain Ngoyo Moussavou, au siège de l’institution chargée de la régulation des médias. Elle entre en vigueur immédiatement et devrait conduire les autorités compétentes et les fournisseurs d’accès à internet à bloquer l’accès aux principales plateformes numériques, notamment Facebook, X (anciennement Twitter), TikTok et Instagram.

Des dérives jugées dangereuses pour l’ordre public

Dans sa déclaration officielle, la HAC affirme avoir constaté une multiplication de contenus problématiques diffusés en ligne. Elle évoque « la diffusion récurrente de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux portant atteinte à la dignité humaine, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale ».

Selon le régulateur, certains utilisateurs détourneraient les réseaux sociaux pour cibler des institutions et des personnalités publiques. « Les plateformes numériques sont abusivement utilisées par certains activistes pour porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’institutions, de citoyens gabonais et de personnalités publiques », souligne l’institution, qui invoque une violation du Code de la communication adopté en 2016.

La HAC cite notamment la propagation de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public, des campagnes de cyberharcèlement coordonné ainsi que la divulgation non autorisée de données personnelles.

Une liberté d’expression encadrée, selon le régulateur

L’autorité de régulation insiste toutefois sur le fait que la mesure ne vise pas à restreindre la liberté d’expression, mais à en encadrer l’exercice dans le respect des lois. « La liberté d’expression ne saurait s’exercer en violation flagrante des lois nationales et internationales en vigueur », affirme-t-elle.

Elle estime que les dérives constatées pourraient entraîner des conséquences politiques et sociales majeures, évoquant le risque de conflits sociaux, de déstabilisation institutionnelle et d’atteinte à l’unité nationale.

Les plateformes numériques également mises en cause

La HAC critique par ailleurs les opérateurs internationaux des réseaux sociaux, qu’elle accuse d’un manque de modération des contenus illicites diffusés sur leurs plateformes. Elle rappelle que les infractions relevées sont « sévèrement réprimées par les textes nationaux et internationaux ».

La suspension, dont la durée n’a pas été précisée, devrait avoir des répercussions importantes sur la communication publique, l’activité économique numérique et l’accès à l’information au Gabon, où les réseaux sociaux constituent désormais un outil majeur d’expression et de commerce.

En l’absence de calendrier officiel pour leur rétablissement, cette décision exceptionnelle ouvre une période d’incertitude pour les usagers et les acteurs du numérique, dans un pays où ces plateformes jouent un rôle central dans la vie quotidienne.

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