Cap sur l’efficacité économique. À Washington, lors d’un panel de haut niveau consacré aux politiques publiques pour la croissance industrielle en Afrique, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a plaidé pour un passage des discours aux actions concrètes. Dans un contexte marqué par les défis structurels du continent, il a mis en avant la nécessité d’accélérer les réformes, de renforcer les infrastructures et de soutenir les chaînes de valeur régionales. La RDC entend ainsi se positionner comme un acteur engagé dans la transformation économique africaine.
La République démocratique du Congo a porté une voix offensive sur les enjeux de transformation économique du continent africain. À Washington, en marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, est intervenu vendredi 17 avril 2026 lors d’un panel de haut niveau consacré à l’état des politiques publiques en Afrique pour la croissance des industries et la création d’emplois.
Devant un parterre de décideurs internationaux, d’experts et d’acteurs économiques, le ministre congolais a appelé à un changement de paradigme. « L’Afrique des forums, des ateliers et des conférences doit céder la place à l’Afrique des actions concrètes », a-t-il déclaré, plaidant pour une mise en œuvre effective des politiques publiques en faveur de l’industrialisation.
Aux côtés de quatre autres panélistes, Julien Paluku Kahongya a insisté sur la nécessité d’opérer une transition structurelle des économies africaines. Selon lui, le continent doit passer d’un modèle fondé sur l’exportation des matières premières brutes à une économie intégrée, reposant sur le développement des chaînes de valeur régionales. Cette mutation suppose, a-t-il souligné, des réformes ambitieuses visant à réduire les barrières commerciales et à stimuler l’investissement industriel.
Le ministre a détaillé les leviers prioritaires pour atteindre cet objectif. Il a notamment évoqué la modernisation des infrastructures et des corridors de transport, indispensables à la fluidité des échanges, ainsi que la réduction des coûts logistiques, parmi les plus élevés au monde. « La facilitation des échanges reste un enjeu central pour améliorer la compétitivité de nos économies », a-t-il indiqué.
Julien Paluku Kahongya a également mis en avant le développement des zones économiques spéciales transfrontalières, conçues comme des catalyseurs d’industrialisation, ainsi que le renforcement des infrastructures énergétiques. À ce titre, il a rappelé le potentiel énergétique considérable de la RDC, estimé à plus de 100 000 mégawatts à travers le projet Inga, susceptible de soutenir une industrialisation à grande échelle.
Sur le plan réglementaire, il a plaidé pour une harmonisation des normes et une mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cela passe, selon lui, par l’élimination des barrières non tarifaires, la digitalisation des procédures douanières et l’interconnexion des guichets uniques, afin de réduire les délais et les coûts aux frontières.
La question du capital humain a également été au cœur de son intervention. Le ministre a insisté sur le développement des compétences et l’adaptation des formations techniques aux besoins des secteurs stratégiques. « L’employabilité des jeunes dépendra de notre capacité à aligner les formations sur les réalités du marché », a-t-il souligné.
Enfin, Julien Paluku Kahongya a appelé à un soutien accru aux petites et moyennes entreprises (PME), considérées comme un pilier du tissu économique local. À cette occasion, la RDC a proposé la mise en place de fonds de garantie et de programmes d’assistance technique destinés à renforcer leur accès au financement et à améliorer leur compétitivité.
Infos27

