Réunis en Conseil des ministres à Kinshasa, sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, les membres du gouvernement ont adopté un plan d’action interministériel pour répondre à la baisse des cours du cacao. Ce dispositif combine mesures fiscales, relance agricole, transformation locale et sécurisation des circuits commerciaux. Portée notamment par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku, cette stratégie vise à stabiliser la filière et à renforcer sa résilience face aux fluctuations du marché international.
La chute des cours du cacao sur le marché international a conduit le gouvernement congolais à adopter un plan d’action interministériel destiné à soutenir et restructurer la filière, lors de la 88ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 8 mai 2026 à Kinshasa, sous la présidence du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Face à la volatilité des prix, après une année 2024 marquée par une hausse exceptionnelle ayant porté la tonne de cacao au-delà de 10 000 dollars, les autorités ont décidé de mettre en place une série de mesures visant à protéger les producteurs, à encourager la transformation locale et à sécuriser les circuits de commercialisation.
Selon les orientations présentées par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, la réponse gouvernementale repose sur une approche globale intégrant plusieurs secteurs clés. « La réponse à la problématique du cacao doit être fiscale, structurelle et sécuritaire », a-t-il déclaré, résumant la stratégie adoptée.
Sur le plan financier, le gouvernement prévoit des allègements fiscaux en faveur des comptoirs qui exportent officiellement et rapatrient les devises en République démocratique du Congo. Cette mesure vise à encourager les circuits formels et à limiter les pertes liées à la fraude.
Dans le secteur agricole, les autorités entendent renforcer la productivité et la qualité du cacao congolais à travers la distribution gratuite de semences améliorées et de bacs de fermentation. Des investissements sont également annoncés pour la construction d’infrastructures de stockage, notamment des entrepôts et des silos, afin de mieux conserver les récoltes.
Le plan d’action prévoit en outre une organisation accrue des petits producteurs en coopératives, afin de leur permettre de négocier directement leurs contrats de vente. Cette démarche vise à réduire la dépendance vis-à-vis des intermédiaires et à améliorer les revenus des exploitants.
Sur le volet industriel, une ligne de crédit sera allouée via le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) pour soutenir le préfinancement des campagnes d’achats et lancer les premières phases de transformation locale. Le gouvernement mise également sur l’opérationnalisation des Zones économiques spéciales (ZES), notamment à Musienene, dans le Nord-Kivu, et à Gwaka, dans le Sud-Ubangi, avec des perspectives d’extension en Ituri et dans le Haut-Uele.
La question des infrastructures figure également parmi les priorités, avec la réhabilitation annoncée des axes routiers reliant les zones de production aux principaux centres de consommation, ports et frontières. L’objectif est de faciliter l’évacuation des produits et de réduire les coûts logistiques.
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement prévoit la mise en place d’une unité mixte composée de la police, des services douaniers et de l’armée, chargée de lutter contre la contrebande et de sécuriser les zones de production ainsi que les voies de transport.
Enfin, le ministère du Commerce extérieur entend renforcer la formation des producteurs aux normes internationales, diversifier les marchés d’exportation et instaurer une politique de qualité rigoureuse, afin d’améliorer la compétitivité du cacao congolais sur le marché mondial.
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