L’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo continue de mettre à l’épreuve le système sanitaire congolais. Alors que 808 cas confirmés et 192 décès ont été enregistrés en un mois dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les autorités sanitaires s’inquiètent particulièrement de la faiblesse du suivi des personnes exposées au virus. Établi à 63,1 %, ce taux demeure largement en dessous de l’objectif opérationnel de 95 %, compromettant les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission. Face à cette situation, le gouvernement renforce la surveillance, la sensibilisation communautaire et la prise en charge des malades.
Un mois après l’annonce officielle de la résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, les autorités sanitaires ont présenté un nouveau tableau de bord de l’épidémie. Lors d’un briefing conjoint tenu le 15 juin à Kinshasa, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont détaillé l’évolution de la situation dans les zones affectées.
Les chiffres communiqués font état de 808 cas confirmés cumulés depuis le début de l’épidémie. Parmi eux, 192 décès ont été enregistrés, tandis que 48 à 50 patients ont été déclarés guéris selon les dernières mises à jour de la riposte. Au total, 363 personnes restent actuellement en isolement ou hospitalisées dans les structures sanitaires mobilisées pour la prise en charge.
Le taux de létalité global s’établit à 23,8 %, un indicateur qui demeure préoccupant mais que les autorités considèrent comme susceptible d’être réduit grâce à une détection précoce des cas.
« Le taux de mortalité est aujourd’hui de 23 %. Cela signifie que nous avons près de 80 % de chances de guérison. Plus les patients sont pris en charge tôt, plus les chances de survie augmentent », a déclaré le ministre Roger Kamba.
Le suivi des contacts, principal maillon faible de la riposte
Au-delà des chiffres globaux, le rapport présenté par le gouvernement met en lumière une préoccupation majeure : l’insuffisance du suivi des contacts.
Selon les données de la riposte, le taux global de suivi des personnes identifiées comme ayant été en contact avec des cas confirmés atteint seulement 63,1 % dans les trois provinces touchées. Ce niveau reste très inférieur à la cible opérationnelle fixée à 95 %.
Or, le suivi rigoureux des contacts constitue l’un des outils les plus efficaces pour interrompre la propagation d’Ebola. Il permet d’identifier rapidement les personnes susceptibles de développer la maladie, de les isoler en cas de symptômes et d’éviter l’apparition de nouvelles chaînes de contamination.
Cette faiblesse constitue d’autant plus un défi que l’épidémie continue de progresser dans des zones parfois difficiles d’accès, où les déplacements de population, les contraintes sécuritaires et certaines réticences communautaires compliquent le travail des équipes sanitaires.
L’Ituri concentre plus de neuf cas sur dix
Les données épidémiologiques confirment également la concentration de l’épidémie dans la province de l’Ituri.
Avec 738 cas confirmés, l’Ituri représente à elle seule près de 91,3 % de l’ensemble des cas recensés dans les trois provinces affectées. Vingt zones de santé y sont actuellement touchées, notamment Bunia, Komanda, Mambasa, Mongbwalu, Tchomia, Nyankunde, Aru et Nia-Nia.
Le Nord-Kivu compte pour sa part dix zones

