Un bâtiment abritant les services de l’Agence nationale de renseignement (ANR) et du renseignement militaire a été détruit par un incendie, mardi 11 août, à Butuhe, chef-lieu du groupement Malio, dans la chefferie des Bashu, territoire de Beni (Nord-Kivu). Les circonstances du sinistre restent indéterminées, mais la société civile locale évoque un acte volontaire et réclame l’ouverture d’une enquête.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le feu s’est déclaré peu après l’ouverture des bureaux par un agent, aux environs de 7 h 30. Des habitants affirment avoir vu des personnes non identifiées quitter les lieux avant que les flammes ne se propagent rapidement à l’ensemble du bâtiment.
Aucune victime n’a été signalée, mais les dégâts matériels apparaissent importants. D’après des sources locales, plusieurs documents administratifs conservés dans les locaux ont été détruits, sans qu’un bilan officiel n’ait encore été communiqué.
La société civile de Butuhe condamne l’incendie et demande aux autorités judiciaires et sécuritaires d’en établir les circonstances.
Pour ses responsables, l’attaque contre un bâtiment abritant deux services de renseignement soulève des interrogations sur la protection des installations sensibles dans une région confrontée depuis plusieurs années à une insécurité chronique.
Jusqu’à présent, ni les services de sécurité ni les autorités provinciales ne se sont exprimés sur l’origine du sinistre ou sur les pertes enregistrées.
L’incendie intervient dans un territoire de Beni où les défis sécuritaires demeurent importants. Cette partie du Nord-Kivu est régulièrement le théâtre d’attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), tandis que les forces de sécurité poursuivent leurs opérations de traque des groupes armés.
Dans ce contexte, la destruction d’un bâtiment utilisé par les services de renseignement alimente les préoccupations des acteurs locaux, qui appellent à un renforcement de la sécurisation des infrastructures stratégiques ainsi qu’à une coopération accrue entre les services de sécurité et les communautés afin de prévenir de nouveaux actes de sabotage.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

