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Kinshasa
6 novembre, 2026 - 17:05:26
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15 août : les limites de la C64

L’ultimatum de la C64 au président Félix Tshisekedi arrive à expiration ce 15 août. Quelles sont ses chances de prendre la Bastille et de faire démissionner le chef de l’État par la rue ? Très faibles. Gardienne autoproclamée de l’ordre constitutionnel, elle est allée de reculade en reculade dans l’espoir d’élargir la base de la contestation par l’adhésion de l’AFC-M23 et de « Sauvons le Congo », dont elle se fait l’avocat pour le dialogue national. Mais, entre les reports successifs des marches, la stratégie du pouvoir et les divisions internes, le rapport de force tourne à l’avantage du régime en place. En définitive, les moyens d’action de l’opposition, qui paraît se tromper de cible, s’avèrent limités. Cela, avec l’improbable caution morale de la CENCO et de l’ECC, désormais plus portées vers le dialogue national, la molle pression internationale pour contraindre Kinshasa à la table des négociations et l’inconfort dans lequel se trouve actuellement le président rwandais, levier de pression militaire sur le régime de Kinshasa.

Afin de faire barrage à toute réforme constitutionnelle ainsi qu’à toute perspective d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, la C64, une coalition d’une dizaine de partis politiques de l’opposition, dont les principaux leaders sont Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (AC), Delly Sesanga (ENVOL), Augustin Matata (LGD) et Moïse Katumbi (ENSEMBLE), a vu le jour le 19 mai. Il y a donc près de trois mois. Autoproclamée « gardienne de l’ordre constitutionnel », elle a pris, à ce titre, le pari de mobiliser les forces sociales et politiques à l’interne, voire de susciter la pression internationale, afin de contraindre le régime Tshisekedi à ne pas franchir le Rubicon.

Pour ce faire, la C64 a eu à inscrire à son agenda plusieurs actions à mener : une ville morte à Kinshasa et en provinces le 03 juin, le dépôt d’une plainte pour « coup d’État constitutionnel » contre le président de la République le 09 juin et le sit-in au Palais du Peuple le 13 juin pour pousser le Parlement à se démarquer de la proposition de loi portant organisation du référendum qui y était examinée. Mais, ces manifestations n’ont pas connu un succès retentissant.

Test d’adhésion populaire, la « ville morte », du reste limitée à Kinshasa, a été, malgré les menaces voilées proférées à la population, en dessous des attentes. Le « sit-in » n’a pas fait moins flop. La mobilisation n’était pas au rendez-vous. Ce sont plutôt des badauds, munis d’armes blanches et recrutés pour la circonstance, qui se sont montrés plus actifs. Ils ont eu maille à partir avec la police. Pour leur part, les leaders, parmi lesquels Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, n’ont pas manqué d’imagination. Afin de masquer ou de relativiser cette seconde contreperformance, ils ont simulé des blessures par balles. Preuve de la gâchette facile des policiers et de l’intolérance du pouvoir. Signé Mgr Donatien Nshole, seul le monitoring de la CENCO est venu en appui de cette supercherie.

Les actions judiciaires se sont avérées une voie hasardeuse. Avec une forte probabilité de rejet par la justice, parce que se fondant sur l’infraction de « coup d’État constitutionnel », inconnue du droit positif congolais, la plainte annoncée contre le président de la République s’est révélée juridiquement fragile. Et pour éviter le ridicule, son dépôt a connu un report, à la limite sine die, sous prétexte de consolider le chef d’accusation avec des informations supplémentaires obtenues de plusieurs institutions.

Malgré cette mauvaise passe, la C64 a projeté, afin de garder la main et de se donner bonne conscience, une marche de protestation avec comme point de chute le Palais de la Nation, pour faire démissionner, par ricochet, le président Félix Tshisekedi. Les dates des 7 et 22 juillet n’ont pas été tenues ; ses leaders ayant accepté de surseoir à ces manifestations. Ils ont, d’une part, répondu à l’invitation du président Évariste Ndayishimiye à Bujumbura et, d’autre part, donné une chance au dialogue national proposé par le président de la République lors de sa rencontre avec les chefs des confessions religieuses. Cependant, sous peine de reprendre les actions citoyennes de grande envergure si le dialogue national n’est pas officiellement convoqué d’ici là, ou si le projet de révision constitutionnelle se poursuit sans compromis, un ultimatum clair a été fixé au gouvernement jusqu’au 15 août 2026. Il expire dans deux jours.

Après moult reports de son ultime manifestation visant à faire démissionner le président Félix Tshisekedi, la C64 a-t-elle encore suffisamment de ressorts pour faire rêver ses sympathisants et atteindre ainsi son objectif ?

Illusions d’atouts

Bien des observateurs sont d’avis que la C64, en dépit de ses reculades, dispose d’atouts, voire de capacités de rebond. Entre autres, le front uni et la transversalité, la légitimité symbolique et la stratégie de contournement sont alignés comme atouts.

Premier atout, le front uni et la transversalité tiennent au fait que la C64 rassemble des figures majeures très diverses, en l’occurrence Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Augustin Matata, sans compter les mouvements citoyens et les franges de la société civile qui y sont associés. Mais cette union ne semble pas avoir résisté à l’épreuve du temps, du reste relativement très court.

Les reports successifs des manifestations ont suscité de la frustration en son sein. Les cadres de certains partis, comme ceux d’Ensemble pour la République, ont publiquement exprimé leur désaccord, qualifiant ces annulations de « pathétiques ». Un membre du nom d’Alain Bolodja n’a pas rongé son frein. S’estimant marginalisé, il a éventré le boa, mettant ainsi en doute la capacité de mobilisation des grandes gueules qui s’affichent en première ligne. À l’en croire, c’est plutôt l’argent qui est l’agent mobilisateur. D’autre part, une frange de l’opinion et des mouvements soutient que ces atermoiements font douter de la capacité du présidium à mobiliser durablement.

Point de doute. La stratégie de « rejet » sans alternative unifiée claire affaiblit l’impact de la mobilisation à Kinshasa et dans les provinces.

Le problème ici, c’est qu’on a porté davantage le regard sur des personnalités, des individualités « célèbres » à un titre ou à u