La crise qui gagne Ensemble pour la République dépasse désormais les querelles entre personnalités. La mise en demeure adressée par Olivier Kamitatu et Hervé Diakiese à la direction du parti intervient sur fond de tensions récurrentes. Elle remet en lumière une question plus profonde : celle de la capacité d’une formation née du regroupement de plusieurs forces politiques à construire, dans la durée, une identité et un idéal véritablement communs.
Ce qui se joue aujourd’hui au sein d’Ensemble pour la République ne ressemble plus à un simple désaccord entre responsables politiques. La mise en demeure adressée le 16 septembre au secrétaire général Dieudonné Bolengetenge par Olivier Kamitatu et Hervé Diakiese, après des publications qu’ils jugent attentatoires à leur honneur, donne une expression publique à des tensions qui affleurent depuis plusieurs semaines.
Pour comprendre cette nouvelle séquence, il faut revenir à la genèse du parti. Ensemble pour la République est né en décembre 2019 de la transformation de la plateforme Ensemble pour le changement en une formation politique dirigée par Moïse Katumbi. Plusieurs formations avaient alors accepté de rejoindre cette nouvelle structure. Cette origine explique en partie la diversité des profils qui composent le parti et les sensibilités qui continuent de s’y exprimer.
Une formation née du rassemblement
Le regroupement constituait alors une réponse politique à la nécessité de fédérer plusieurs forces autour d’un même projet. Mais réunir des organisations ayant chacune leur histoire, leurs références et leurs ambitions ne suffit pas, à lui seul, à créer une identité politique commune. Une coalition peut se construire rapidement autour d’un leadership ou d’une échéance électorale ; un parti durable, lui, se construit autour d’une doctrine, de règles partagées et d’une vision collective capable de survivre aux divergences entre ses dirigeants.
C’est précisément cette transformation qui semble aujourd’hui mise à l’épreuve. Les différentes prises de position apparues ces dernières semaines ne traduisent pas nécessairement une vitalité démocratique. Dans une formation politique structurée, la contradiction peut être normale et même utile lorsqu’elle porte sur la ligne politique, les stratégies ou les orientations du parti. Elle devient autrement préoccupante lorsque le débat se déplace vers les personnes et que les désaccords prennent la forme d’attaques personnelles.
Une crise qui dépasse les personnes
Olivier Kamitatu et Hervé Diakiese affirment ainsi être visés par une « campagne convergente et répétée » sur les réseaux sociaux. Leur conseil évoque 57 publications provenant de huit comptes et dénonce notamment des propos qu’ils considèrent comme injurieux ainsi que des accusations de trahison, de corruption et de rapprochement rémunéré avec le pouvoir. Ces accusations sont contestées par les intéressés et ne préjugent pas d’une quelconque responsabilité judiciaire.
La démarche prend une dimension supplémentaire au regard des événements précédents. Le 20 août, Hervé Diakiese avait été suspendu de ses fonctions de porte-parole et mis à la disposition du Comité des sages. Dans le même contexte, un autre membre avait été exclu pour des propos visant notamment Diakiese et Kamitatu. Quelques jours plus tard, Dieudonné Bolengetenge avait cependant confirmé qu’Olivier Kamitatu demeurait membre du parti, tout en reconnaissant l’existence de différentes sensibilités issues des formations ayant participé à la création d’Ensemble.
Cette succession d’épisodes pose donc une question qui dépasse les protagonistes du moment. Elle interroge la capacité du parti à faire cohabiter ses différentes composantes autour d’un socle politique suffisamment solide pour absorber les désaccords sans que ceux-ci ne se transforment en affrontements personnels.
Le véritable enjeu : construire une culture commune
L’histoire d’Ensemble pour la République rappelle ainsi le défi auquel sont confrontées de nombreuses formations nées de regroupements politiques. Lorsque plusieurs organisations se réunissent, leurs structures pe

