88.18 F
Kinshasa
25 septembre, 2026 - 20:35:59
Image default
ÉconomieFlash InfosLa unePolitique

Mieux mesurer l’économie pour mieux décider : la BCC engage son chantier statistique

Disposer de chiffres fiables au bon moment pour mieux orienter les choix économiques : la Banque centrale du Congo (BCC) a placé la qualité de l’information macroéconomique au centre des échanges organisés les 23 et 24 septembre 2026 à Kinshasa. Aux côtés des ministères du Plan, des Finances et du Budget, de l’Institut national de la statistique et de la Direction générale des douanes et accises, elle a passé en revue les faiblesses de la chaîne de production, de transmission et de diffusion des données. Fiabilité des sources, réduction des délais, cohérence entre administrations et pertinence des indicateurs ont constitué les principaux axes de réflexion. La BCC a également mis en avant l’automatisation des échanges entre institutions, la modernisation de sa banque de données macroéconomiques et la mise en place d’un portail public. L’objectif a été de bâtir un système statistique plus intégré, accessible et capable d’éclairer plus efficacement la politique monétaire, la décision publique et l’analyse de l’économie congolaise.

La Banque centrale du Congo (BCC) a placé la qualité de l’information économique au cœur d’un chantier engagé les 23 et 24 septembre 2026 à Kinshasa.

Producteurs et utilisateurs de données ont confronté leurs méthodes, examiné les difficultés de la chaîne statistique et exploré plusieurs pistes de modernisation : fiabilité des sources, réduction des délais, cohérence entre administrations, automatisation des échanges et accès du public.

Derrière cette démarche technique se joue un enjeu central : disposer d’une représentation fidèle et suffisamment rapide de l’économie congolaise pour éclairer les décisions publiques et privées.

Combien produit réellement la RDC ? Comment évoluent les prix, les échanges extérieurs, les finances publiques, la masse monétaire et le crédit ? Ces questions intéressent la banque centrale, le gouvernement, les entreprises, les chercheurs et les médias. La BCC a ainsi réuni des responsables des ministères du Plan, des Finances et du Budget, de l’Institut national de la statistique (INS) et de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Les travaux ont porté sur toute la chaîne de l’information économique, de la collecte à la diffusion, en passant par le traitement, la validation et la transmission.

Le chiffre au service de la décision

À l’ouverture des travaux, le directeur général de la BCC chargé de la Politique monétaire a résumé l’enjeu : « On ne peut piloter efficacement une économie sans mesurer avec précision ses agrégats. »

Pour la banque centrale, l’évolution des prix, de la masse monétaire, du crédit, du taux de change, de l’activité économique, des finances publiques et des échanges extérieurs constitue la matière du diagnostic préalable aux décisions de politique monétaire. Encore faut-il disposer de données robustes, cohérentes et disponibles dans les délais utiles.

Une statistique exacte mais tardive perd une partie de sa portée, tandis qu’une information rapide mais insuffisamment contrôlée peut fausser l’analyse de la conjoncture.

Les échanges ont ainsi porté sur quatre ensembles : secteur réel, relations extérieures, statistiques monétaires et financières, et finances publiques. Leur articulation apparaît essentielle : une évolution des exportations doit pouvoir être rapprochée des transactions extérieures, tandis que les écarts entre sources doivent être identifiés et expliqués. L’objectif est de rapprocher les institutions autour de références communes et d’un langage économique partagé.

Quatre exigences pour une même information

La deuxième journée des travaux a mis en avant quatre exigences pour renforcer la qualité des statistiques : fiabilité, disponibilité en temps opportun, pertinence et cohérence.

La fiabilité repose sur des sources et des méthodes solides, tandis que la rapidité dépend des délais de collecte, de traitement et de transmission. La pertinence suppose des indicateurs adaptés aux besoins des utilisateurs. La cohérence exige, enfin, de rapprocher les données issues des différents secteurs.

Finances publiques, activité économique, conditions monétaires et financières et échanges extérieurs étant interdépendants, leur mise en perspective doit permettre une lecture plus précise de la conjoncture congolaise.

Automatiser la circulation des données

La modernisation statistique passe aussi par une meilleure circulation des données entre administrations. La BCC envisage d’automatiser les échanges afin de réduire les transmissions manuelles, raccourcir les délais et limiter les erreurs. Cette évolution suppose toutefois l’harmonisation des définitions et des formats, une répartition claire des responsabilités ainsi que des procédures de validation, de sécurisation et de traçabilité.

En parallèle, la banque centrale prévoit de moderniser sa banque de données macroéconomiques en documentant davantage les indicateurs : sources, définitions, unités, périodicité, méthodologie et dates de mise à jour.

Un chiffre correctement documenté devient ainsi plus fiable, comparable et exploitable.

Un portail pour ouvrir les données au public

La modernisation statistique envisagée par la Banque centrale du Congo (BCC) devrait également s’ouvrir au public avec le développement d’un portail de données macroéconomiques. Chercheurs, journalistes, étudiants, entreprises, investisseurs et citoyens pourraient y accéder plus facilement aux séries statistiques et à leur documentation.

L’objectif serait de dépasser la simple publication des chiffres pour proposer une information accessible, compréhensible, comparable et réutilisable. Cette ouverture contribuerait à renforcer la transparence statistique, à condition que les institutions harmonisent leurs définitions, leurs formats, leurs calendriers et leurs responsabilités.

Les travaux des 23 et 24 septembre ont ainsi constitué une étape d’un chantier appelé à se poursuivre. L’enjeu ne serait pas seulement de produire davantage de données, mais de garantir une information fiable, cohérente et disponible au moment utile. Mieux mesurer l’économie congolaise permettrait ainsi d’en affiner la compréhension et d’éclairer les décisions économiques.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus