Depuis le message du 09 octobre de l’ancien président de la République et désormais chef rebelle Joseph Kabila, suivi trois jours plus tard de son avènement à la tête d’une nouvelle rébellion qui n’en est pas une, il s’observe un silence radio dans le chef de la CENCO-ECC et une débandade dans les rangs de la C64. Pas un mot depuis une semaine ou plus de la part des hommes de Dieu pour condamner ou expliquer cette lugubre initiative instiguée par le maître de Kigali. Les prélats catholiques et protestants, qui se font prier pour condamner le Rwanda et le M23 dans la crise à l’Est et qui portent en bandoulière le Dialogue pour sauver le Congo, restent aphones. Leurs alliés objectifs de la C64 semblent avoir perdu la pédale. Alors qu’ils juraient sur la croix, jusque dans un passé très récent, l’« incontournabilité » de l’actuel président du FRN au Dialogue et prenaient leurs décisions contre le pouvoir de manière collégiale, c’est plutôt le sauve-qui-peut qui s’observe en leur sein depuis la mue du président de « Sauvons le Congo ». Chacun des leaders y va comme il l’entend, pourvu d’assurer ses arrières. Cette attitude, on ne peut plus rocambolesque, de ses deux bras séculiers dans le Congo « libre » et « non libéré » s’explique par un choc stratégique. En effet, Kabila a sacrifié ses alliés politiques à Kinshasa.
Après son message choc du 9 octobre 2026, qui a coïncidé avec la visite à Kinshasa du Panel des médiateurs de l’Union africaine et dans lequel il a fait un réquisitoire sévère contre le régime Tshisekedi dont il n’avait plus rien à attendre, l’ancien président Joseph Kabila ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Trois jours plus tard, soit le 12 octobre, il a franchi le Rubicon, la ligne rouge, en créant une nouvelle rébellion qui n’en est pas une, à savoir le FRN (Front de la Refondation de la Nation), dont il préside désormais aux destinées avec l’objectif de renverser le pouvoir à Kinshasa. Un pari certes difficile.
Les révélations de F. Tshisekedi et des experts onusiens confirmées
Cette décision de l’ancien président Joseph Kabila ne constitue pas en soi une surprise. En février 2025 à la suite de la chute des villes de Goma et de Bukavu, le président Félix Tshisekedi avait déclaré, depuis l’Allemagne où il participait à un colloque sur la sécurité, que ce coup tordu contre le Congo est une œuvre signée de la main de son prédécesseur qui est le véritable patron de l’AFC-M23. Puis, pas plus tard que juin 2026, les experts onusiens avaient, dans un rapport sur la RDC, annoncé les réformes qui allaient s’opérer au sein de la rébellion, dont le nom devrait être changé et dans laquelle le président de « Sauvons le Congo » allait désormais jouer un rôle majeur.
Chose dite chose faite. Ce secret de Polichinelle s’est révélé finalement au grand jour, confirmant ainsi toutes les suspicions qui pesaient sur Joseph Kabila. Ceux qui n’y croyaient pas jusque-là ont été amenées à l’évidence et d’aucuns n’ont pas hésité à se désolidariser de lui, telles des souris quittant un navire en train de chavirer.
Mais, en lieu et place de condamner cette posture du président de la République honoraire qui assombrit les destins déjà très incertains du pays, l’attitude de certains acteurs de la vie politique et sociale du pays, à savoir la C64 et la CENCO-ECC, taraude bien d’esprits épris de paix au Congo et dans le monde. Les prélats catholiques, dont la déclaration au mois de juin 2026 s’est distinguée par une violence verbale à l’endroit du président Félix Tshisekedi et de son régime et a constitué à la fois une mise en garde, n’ont pas bronché depuis lors. De même que leurs homologues de l’ECC. Et cela dure depuis une semaine. Voire plus.
L’opposition réunie au sein de la C64 n’a pas fait mieux. Ses leaders se dérobent et tentent de jouer à l’équilibrisme. Pas de condamnation ouverte et sans complaisance à l’endroit de celui qui passait jusqu’il y a peu comme leur allié, la p

