La pression diplomatique sur les acteurs de la crise congolaise se renforce sur deux fronts. À Strasbourg, l’eurodéputée Hilde Vautmans réclame l’application effective des résolutions du Parlement européen, notamment les sanctions visant le Rwanda, le soutien de la rébellion du M23, et s’inquiète du rapprochement de l’ancien président Joseph Kabila avec ce mouvement armé. En Afrique, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, rappelle le rejet catégorique des changements anticonstitutionnels de gouvernement et réaffirme son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Dans son communiqué du 19 octobre 2026, il soutient les efforts de dialogue national portés par Félix Tshisekedi et appelle au respect des engagements de Doha et de Washington, du cessez-le-feu et à la protection des civils. L’UA rappelle ainsi un principe fondamental : aucune ambition politique ne saurait justifier le renversement des institutions par la force.
La guerre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) revient au centre des préoccupations européennes. Lors d’une intervention au Parlement européen, lundi, l’eurodéputée Hilde Vautmans a appelé les institutions de l’Union européenne à donner une suite concrète aux résolutions adoptées sur le conflit congolais, en insistant sur les sanctions contre le Rwanda et le retrait de ses troupes du territoire congolais.
« Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire. La crédibilité de notre Parlement est en jeu », a-t-elle déclaré, appelant à une mise en œuvre effective des mesures réclamées par les eurodéputés.
La parlementaire s’est également inquiétée du rapprochement entre Joseph Kabila et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par Kigali. Cette évolution soulève des interrogations sur les conséquences de telles alliances pour la souveraineté congolaise, alors que les violences continuent de frapper les populations de l’est du pays.
Le Parlement européen avait adopté, le 13 février 2025, une résolution condamnant l’occupation de Goma et d’autres territoires congolais par les forces rwandaises et le M23. Il avait notamment recommandé la suspension de l’accord entre l’Union européenne et le Rwanda sur les matières premières critiques, le gel de l’aide budgétaire à Kigali et le renforcement des sanctions ciblées.
Le 17 mars 2025, le Conseil de l’Union européenne avait annoncé des sanctions contre neuf personnes et une entité impliquées, selon l’UE, dans les violations des droits humains, la poursuite du conflit et l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC.
L’Union africaine rappelle les lignes rouges constitutionnelles
Sur le continent africain, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a également rappelé les principes qui doivent guider la sortie de crise. Dans un communiqué publié le 19 octobre 2026, il a salué les efforts du président Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue politique national inclusif, associant les acteurs politiques et sociaux concernés dans le respect des institutions républicaines.
Le responsable de l’organisation continentale a réaffirmé l’opposition de l’UA aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment à la prise du pouvoir par la force et au renversement des institutions démocratiquement établies. Cette position s’appuie sur l’Acte constitutif de l’Union africaine, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
Le communiqué rappelle un principe directement pertinent pour la crise congolaise : les ambitions politiques doivent s’inscrire dans le cadre constitutionnel et ne peuvent se substituer aux institutions établies par la voie démocratique.
Doha et Washington, des processus à préserver
L’Union africaine appelle par ailleurs les parties concernées à faire preuve d

