Concilier la croissance économique avec la protection des droits humains constitue l’ambition du Plan d’action national sur les entreprises et les droits humains (PAN-EDH), dont le processus d’élaboration a été relancé mardi à Kinshasa par le ministre Samuel Mbemba. Cette initiative entend renforcer la responsabilité des entreprises, intégrer les conditions d’exploitation des ressources naturelles dans leur traçabilité et promouvoir un développement durable fondé sur la justice sociale et le respect des communautés.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a lancé mardi à Kinshasa l’atelier d’imprégnation et de relance du processus d’élaboration du Plan d’action national sur les entreprises et les droits humains (PAN-EDH), avec la participation des experts publics, des Nations unies et de la société civile.
À l’ouverture des travaux, le ministre a souligné que les importantes potentialités minières, forestières, agricoles, énergétiques et industrielles de la République démocratique du Congo (RDC) représentent des leviers de développement, à condition que leur exploitation profite effectivement aux populations.
Il a rappelé que derrière chaque activité économique se trouvent des travailleurs, des familles et des communautés dont les droits doivent être protégés. Cette exigence place la responsabilité des entreprises au centre du dispositif envisagé, afin que la recherche de la rentabilité ne se fasse pas au détriment des droits fondamentaux.
La traçabilité au-delà de l’origine des ressources
Le plan doit notamment contribuer à renforcer la traçabilité économique et commerciale des ressources naturelles, en y intégrant les conditions humaines dans lesquelles elles sont exploitées.
« Il va sans dire que désormais, en République démocratique du Congo, la traçabilité économique et commerciale des ressources naturelles doit également intégrer les conditions humaines dans lesquelles elles sont exploitées », a déclaré Samuel Mbemba.
Cette orientation vise à élargir les exigences de transparence au-delà du suivi de l’origine et de la circulation des matières premières. Elle met également l’accent sur les conditions de travail et le respect des droits des personnes concernées par les activités économiques.
Le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de promouvoir une croissance compatible avec les impératifs sociaux et environnementaux. « L’engagement du Gouvernement est sans équivoque : faire des entreprises non seulement des moteurs de croissance économique, mais aussi des acteurs responsables pleinement engagés dans le respect de la promotion des droits humains, la justice sociale, la consolidation de la paix et la réalisation du développement durable », a-t-il indiqué.
Le BCNUDH réaffirme son accompagnement
Prenant la parole, le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), Patrice Vaar, a salué les efforts du gouvernement congolais en faveur du respect des droits humains ainsi que l’engagement du ministre dans ce domaine. Il a réaffirmé la disponibilité de son office à accompagner le processus.
Les travaux réunissent des experts du ministère des Droits humains, des secteurs des Mines et des Hydrocarbures, des représentants du BCNUDH ainsi que des acteurs de la société civile. Ouvert mardi, l’atelier doit se clôturer mercredi 21 octobre 2026.
Cette concertation constitue une étape dans la préparation du PAN-EDH, appelé à définir des orientations pour mieux encadrer les pratiques des entreprises et renforcer la prise en compte des droits humains dans les activités économiques en RDC.
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