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Kinshasa
22 octobre, 2026 - 17:34:18
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Edito | Aucun projet sans l’aval du peuple

Le fleuve Congo n’est pas une réserve à disposition des ambitions extérieures. Il est un patrimoine national, un pilier de la sécurité hydrique et un levier stratégique pour le développement de la République démocratique du Congo. À Luanda, lors de la 4ᵉ Biennale consacrée à la paix en Afrique, Félix Tshisekedi a posé une exigence salutaire : aucun engagement sur le transfert de ses eaux vers d’autres bassins sans respect de la Constitution, consultation populaire par référendum et garanties scientifiques rigoureuses. Cette fermeté mérite d’être saluée.

La RDC ne refuse pas, par principe, la coopération africaine. Elle rappelle une règle élémentaire : la solidarité ne saurait se construire au détriment de la souveraineté. L’eau peut rapprocher les peuples. Elle peut aussi nourrir des tensions lorsque son partage ignore les droits, les besoins et les intérêts des populations concernées. La paix durable exige davantage que des déclarations de bonne volonté. Elle réclame des règles claires, des engagements transparents et un consentement légitime.

Le Congo dispose d’un patrimoine hydrique exceptionnel. Cette abondance ne doit ni justifier l’immobilisme ni autoriser sa redistribution sans discernement. Le pays lui-même doit encore améliorer l’accès à l’eau potable, l’assainissement et la valorisation de ses ressources. Avant d’envisager des transferts vers d’autres bassins, une question s’impose : comment garantir que les besoins des Congolais, aujourd’hui et demain, resteront prioritaires ?

Le référendum exigé par le chef de l’État constitue, dans ce contexte, une garantie démocratique majeure. Mais il ne peut devenir une formalité. Le peuple devra disposer d’informations indépendantes, accessibles et contradictoires. Les études hydrologiques, climatiques, économiques et environnementales devront mesurer les effets possibles sur les écosystèmes, les activités agricoles et les générations futures. Sans expertise crédible, le consentement serait aveugle. Sans transparence, la confiance serait fragile.

La position congolaise ouvre donc une voie responsable : coopérer sans céder, négocier sans précipitation et protéger sans s’isoler. L’Afrique a besoin de partenariats hydriques équitables, non de décisions imposées par les rapports de force.

Sur les eaux du Congo, l’intérêt national doit précéder tout accord. Et le dernier mot doit revenir au peuple congolais, pleinement informé de ce qu’il accepte et de ce qu’il risque.

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