Avec 16 155 détenus pour une capacité initiale de 1 500 places, la prison centrale de Makala fait face à une surpopulation carcérale critique. Pour limiter la dégradation des conditions de détention, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a ordonné la suspension provisoire des nouvelles admissions, sauf dérogation dûment justifiée.
La prison centrale de Makala, à Kinshasa, n’accueillera provisoirement plus de nouveaux détenus, sauf dérogation dûment justifiée. La mesure, annoncée mercredi 21 octobre par le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, vise à freiner la surpopulation carcérale dans cet établissement qui héberge 16 155 personnes pour une capacité initiale de 1 500 places.
Une mesure face à l’urgence carcérale
Dans un communiqué publié par son cabinet, le ministre de la Justice justifie cette décision par des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires. L’objectif est d’éviter une détérioration supplémentaire des conditions de détention et de préserver la dignité des personnes privées de liberté.
La suspension a été formalisée par la circulaire n° 004/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 21 octobre 2026. Selon le ministère, elle s’inscrit dans les obligations de l’État en matière de gestion pénitentiaire et de protection des droits des détenus, conformément à la loi n° 23/028 du 15 juin 2023 relative au régime pénitentiaire.
Cette décision fait suite à une visite effectuée le 14 octobre par Guillaume Ngefa, accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu. Au cours de cette descente, le ministre avait relevé l’ampleur de la surpopulation et appelé à des mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention.
Makala accueille près de onze fois sa capacité
Les chiffres illustrent la pression qui pèse sur cet établissement pénitentiaire. Alors qu’il a été conçu pour accueillir 1 500 personnes, Makala compte actuellement 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi.
Un tel écart entre la capacité d’accueil et le nombre de détenus complique la gestion quotidienne de la prison et fragilise la prise en charge sanitaire et humanitaire des pensionnaires.
Des mises en liberté envisagées pour désengorger les prisons
En parallèle de la suspension des admissions, Guillaume Ngefa a annoncé des dispositions visant à accélérer l’examen des dossiers susceptibles d’aboutir à des mises en liberté, dans le respect des procédures légales.
Le ministère entend ainsi poursuivre le désengorgement des établissements pénitentiaires et améliorer les conditions de détention. Toutefois, la mesure concernant Makala reste provisoire : le communiqué ne précise ni sa durée ni les modalités d’orientation des nouveaux détenus vers d’autres établissements durant son application.
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