Face à la recrudescence de la maladie à virus Bundibugyo au Nord-Kivu, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) renforce les capacités d’intervention rapide. À Beni, 48 professionnels de santé ont suivi une formation de trois jours ayant permis de constituer deux nouvelles équipes mobilisables selon les besoins. L’objectif est d’améliorer la prise en charge des malades, d’intervenir dans les zones reculées et de consolider la confiance des communautés envers les services de santé.
Quarante-huit professionnels de santé ont été formés à Beni pour renforcer la riposte contre la maladie à virus Bundibugyo au Nord-Kivu, avec la constitution de deux équipes d’intervention rapide destinées à soutenir les opérations dans les zones les plus affectées, selon les informations communiquées par l’OMS.
Pendant trois jours, épidémiologistes, cliniciens, infirmiers, spécialistes de la prévention et logisticiens ont été préparés à intervenir dans les situations d’urgence sanitaire. Une simulation grandeur nature a permis d’évaluer leur capacité à coordonner les investigations, la prise en charge médicale et les activités d’engagement communautaire.
« La confiance est aussi importante que les médicaments. En dotant le Nord-Kivu de deux équipes d’intervention rapide supplémentaires, nous renforçons notre capacité à agir rapidement auprès des communautés qui en ont le plus besoin », a déclaré le Dr John Otshudiema, coordonnateur de la riposte de l’OMS dans cette province.
Une épidémie toujours préoccupante
Au 25 octobre, le Nord-Kivu avait enregistré plus de 2 309 cas confirmés et 1 293 décès, soit une létalité de 56 %, selon les données communiquées dans le cadre de la riposte. Après plusieurs semaines de ralentissement, une recrudescence des cas était signalée, notamment en lien avec des cas importés le long du corridor nord-sud. Les zones de santé de Beni, Katwa, Butembo et Alimbongo demeuraient particulièrement exposées.
Pour la Dre Catherine Smallwood, gestionnaire de l’incident de la réponse à l’épidémie pour l’OMS en RDC, la formation pratique est essentielle à l’efficacité des interventions.
« La formation, la simulation et la certification ne sont pas de simples exercices académiques. Elles garantissent que les équipes déployées pourront fournir une réponse rapide, coordonnée et de qualité lorsque chaque minute compte », a-t-elle souligné.
La confiance des communautés au cœur de la riposte
Au-delà des soins, les équipes devront informer les populations, répondre à leurs inquiétudes et faciliter l’accès aux structures sanitaires. Guy Mwaka, infirmier ayant participé à la formation, a insisté sur cet enjeu : « Nous voulons que les communautés nous accueillent avec confiance et qu’elles n’aient plus peur de se faire soigner. »
Cette initiative s’inscrit dans le renforcement des capacités nationales de préparation aux urgences sanitaires, avec l’appui de partenaires tels que l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA, OCHA, Africa CDC et International Medical Corps.
Pour le Dr Justus Nsio, gestionnaire de l’incident pour Africa CDC en RDC, cet investissement dans les compétences locales doit contribuer à améliorer durablement la capacité du pays à répondre aux crises sanitaires.
Au Nord-Kivu, le déploiement de ces équipes doit ainsi permettre de rapprocher les interventions des populations exposées, tout en renforçant la coordination des soins et la confiance envers le système de santé.
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