De 24 candidats à l’élection présidentielle du 20 décembre 2023 en République démocratique du Congo, 5 d’entre eux se sont déjà lancés dans la campagne électorale. Il s’agit de Félix-Antoine Tshisekedi, président sortant, Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga, Martin Fayulu, candidat malheureux de la présidentielle de 2018, Adolphe Muzitu, ancien Premier ministre sous Joseph Kabila, et Dr Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la Paix. De plus, Delly Sessanga, ancien chef rebelle et ancien allié de l’actuel chef de l’État lors de la présidentielle de 2018, s’est également lancé dans la campagne électorale.
1. Félix-Antoine Tshisekedi
Candidat à sa propre succession, il part favori pour l’élection présidentielle du 20 décembre 2023. Cela est d’autant plus vrai qu’il fait face à une opposition morcelée lors de l’élection à un seul tour. Bien que son bilan quinquennal soit jugé mitigé par certains observateurs et « chaotique » par ses opposants, les pronostics jouent en sa faveur.
En effet, en tant que fin stratège, il a réussi à « déboulonner » l’ancien régime de Joseph Kabila, dont les proches collaborateurs, ses anciens alliés, ont abusé de sa bonne foi pendant près de deux ans. Contre toute attente, il a réalisé en si peu de temps des avancées significatives qui plaident en faveur de son second mandat. Parmi ses réalisations figurent son programme phare de gratuité de l’enseignement au niveau primaire, la gratuité de la maternité qui a débuté à Kinshasa et s’étendra progressivement dans d’autres provinces, le Programme de développement local de 145 territoires, la construction d’infrastructures scolaires, routières, sportives, etc. Il a également entrepris la réforme de l’armée, fragilisée à dessein par l’ancien régime, et a replacé la République démocratique du Congo dans le concert des nations.
En prévision des élections générales de 20 décembre 2023, Félix-Antoine Tshisekedi bénéficie du soutien indéfectible de grands leaders de formations politiques à travers le pays.
Dans le Grand Équateur, il est soutenu, notamment, par Jean-Pierre Bemba, Lucien Bussa, et Guy Loando. Dans l’ex-province Orientale, il compte sur Éve Bazayaba, Geneviève Inagossy, et Carole Agito. Dans le Grand Kivu, sa machine électorale est constituée de Vital Kamerrhe, Bahati Lukwebo, et Mbusa Nyamuisi, tandis que dans le Grand Katanga, son équipe d’attaque est conduite par Jean-Michel Sama Lukonde. Dans le Grand Bandundu, Christophe Mboso, Godefroid Mayobo, et Willy Makiashi, les leaders de deux ailes du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), sont également à la manœuvre. De plus, son aura, celle de son défunt père, Étienne Tshisekedi, et l’ancrage de son parti politique, l’UDPS, dans le Grand Kasaï, lui apportent un soutien solide dans cette partie du pays.
Malgré ces atouts, le président Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas pu concrétiser sa promesse de rétablir la paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Ses opposants, dont Moïse Katumbi, en profitent pour critiquer son quinquennat. De plus, ses mauvais collaborateurs impliqués dans la corruption sont considérés comme les tares de son régime. Il est donc normal que ses opposants l’accusent de corruption et de détournement de fonds publics. Un autre point faible est le manque d’efficacité de la cellule de communication de la Présidence, qui n’a pas su communiquer suffisamment sur les grandes réalisations de Félix-Antoine Tshisekedi et semble réagir tardivement aux critiques de ses opposants.
2. Moïse Katumbi
Ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi mise sur son bilan à la tête de cette province riche en cuivre de 2007 à 2015, mettant en avant la construction d’écoles, de routes et le développement de l’agriculture. Cependant, ce bilan a récemment été remis en cause par le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, dont il fut un allié et dont il a décidé de se séparer presque à la fin de son quinquennat.
En tant qu’homme d’affaires fortuné, Moïse Katumbi compte également sur ses gros moyens financiers qui lui ont permis, selon certaines indiscrétions, de rallier certains candidats à la présidence de la République, tels que Matata Mponyo, ancien Premier ministre sous Joseph Kabila, poursuivi par la justice dans l’affaire des fonds destinés au grand projet agropastoral de Bukalonzo, Franck Diongo, ancien allié de Félix-Antoine Tshisekedi, et Seth Kinkuni.
Présenté autrefois par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, comme un acteur politique modèle pour l’église catholique, ce candidat de 58 ans pr

