89.98 F
Kinshasa
10 octobre, 2026 - 21:00:38
Image default
Flash InfosInternationalLa une

Paix au Mali : l’Algérie préoccupée de l’abandon par les autorités maliennes de l’Accord d’Alger de 2015

L’Algérie, par la voix de son ambassadeur en République démocratique du Congo, Dr. Mahamed Yazid Bouzid, est préoccupée de l’abandon par les autorités maliennes de l’Accord d’Alger de 2015 pour la Paix et la Réconciliation au Mali, qui a notamment mis fin aux opérations militaires dans la région.

Voici dans son intégralité, la réaction de l’ambassadeur d’Algérie à Kinshasa, Dr. Mahamed Yazid Bouzid, au renoncement à cet Accord :

«Fidèle à ses principes constants de bon voisinage, de respect de la souveraineté, de non‐ingérence dans les affaires intérieures et d’une disponibilité indéfectible à contribuer aux efforts de médiation visant le renforcement de la stabilité et la sécurité des autres pays, dont notamment ses pays voisins au niveau de la région sahélo‐saharienne, l’Algérie a pris connaissance avec beaucoup de regrets et une profonde préoccupation, de l’abandon par les autorités maliennes de l’Accord d’Alger de 2015 pour la Paix et la Réconciliation au Mali.

L’Algérie estime que le renoncement à cet Accord est de nature à favoriser le retour des violences dans la région du Nord du Mali, menaçant ainsi, de nouveau, l’unité et l’intégrité territoriale de ce pays frère et voisin avec lequel l’Algérie partage une frontière longue de 1300Km, jalonnée d’un brassage communautaire transfrontalier millénaire, riche, pacifique et multidimensionnel. L’Accord de Paix et de Réconciliation au Mali, dont la laborieuse négociation a duré neufs (9) mois a, non seulement, mis fin aux opérations militaires mais a, également, proposé un cadre global d’équilibre des pouvoirs et un schéma d’organisation territoriale en mesure de garantir et consolider l’unité du Mali.

Le retour de l’insécurité au Nord de ce pays anéantira certainement les huit années de stabilité qu’a connue la région grâce à l’Accord d’Alger et impactera négativement tous les pays de la région du Sahel en proie depuis de longues années à de nombreux défis. La reprise des combats au Nord du Mali ne manquerait pas de favoriser la sanctuarisation des groupes terroristes et l’aggravation des flux de la migration clandestine vers le Sud de l’Algérie et la rive Nord de la méditerranée, ainsi que l’exacerbation de diverses autres menaces, dont les kidnappings, la traite d’êtres humains, la prolifération des armes et le narcotrafic, créant une instabilité difficile à gérer. La dégradation de la situation sécuritaire ouvrira, en outre, la voie aux mercenaires étrangers et mettra en difficulté les efforts d’intégration régionale.

Le Porte‐parole du Gouvernement malien, le Colonel Abdoulaye Maiga, a justifié le renoncement à l’Accord d’Alger par le changement de posture de certains groupes signataires de l’Accord, mais aussi par les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’Accord de la part des autorités algériennes. Il est par conséquent nécessaire d’éclairer l’opinion publique sur les faits suivants : L’Accord d’Alger est le fruit d’un dialogue inter‐malien, parrainé par l’Algérie, pour la quatrième fois, suite à une demande expresse et formelle introduite par le Gouvernement malien auprès du gouvernement algérien en janvier 2014. Cet Accord a été entériné par le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale de l’ONU et salué par toutes les organisations régionales dont l’Union africaine, l’Union européenne, la CEDEAO, ainsi que par les pays de la région, comme un cadre idoine pour un règlement pacifique et durable de la crise malienne. . Tout ce que l’Algérie entreprenait comme actions réconciliatrices avec les parties prenantes maliennes, elle le faisait avec engagement et sincérité, dans le cadre de sa mission de Présidente du Comité de suivi de la mise en œuvr