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Kinshasa
13 mai, 2026 - 19:17:53
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Initiateur de l’idéologie « de père et de mère congolais d’origine », Noël Tshiani : « Je suis heureux d’avoir éveillé les consciences des Congolais »

De l’élection présidentielle de décembre 2023, le Professeur Noël Tshiani Muadiamvita affirme avoir tiré des enseignements importants, notamment pour son avenir en tant qu’homme politique. Il souligne qu’il n’a pas été laissé pour compte, étant donné que le candidat pour lequel il s’était désisté, Félix Tshisekedi, a remporté la victoire avec plus de 73% des voix. En tant qu’auteur de l’idéologie « de père et de mère congolais », Noël Tshiani explique que cette vision qu’il a promue a joué un rôle décisif dans cette victoire. « La victoire du Président de la République est également la mienne et je suis fier d’avoir éveillé les consciences des Congolais et d’avoir joué un rôle déterminant dans cette élection », déclare-t-il. Et il ajoute : « Aujourd’hui, les Congolais prennent conscience grâce à l’idéologie du « père et de la mère » que les étrangers et leurs alliés menacent la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la RDC. La leçon que je tire de cette élection est qu’il est nécessaire de rassembler tous les Congolais au-delà des affiliations politiques et des régions d’origine pour obtenir une victoire et une majorité gouvernementale. La deuxième leçon est qu’il faut avoir le courage de défendre ses idées pour le pays, pourvu qu’elles soient bonnes et sincères ».

Envisagez-vous de devenir ministre, conseiller ou gestionnaire au sein d’une entreprise publique ?

Pour l’instant, je me propose d’apporter mon aide sous la direction du Président Félix Antoine Tshisekedi pour assurer pleinement la réussite de son deuxième mandat, établissant ainsi des bases solides pour un développement économique et social accéléré et durable du pays. Si le Président Félix Tshisekedi réussit, cela signifiera également ma réussite, et nous pourrons alors capitaliser sur ces succès pour continuer la reconstruction du pays en nous appuyant sur les réalisations déjà accomplies. Avec l’aide de Dieu, mon rêve est de contribuer de manière significative, à quelque niveau que ce soit, à la transformation fondamentale de mon pays et à avoir un impact positif et durable sur la vie de mes concitoyens.

Malgré les éloges, le FMI reste préoccupé par la gouvernance économique et financière de la RDC. Quels sont les domaines spécifiques où les faiblesses se manifestent ?

Les premiers à être concernés par la gouvernance économique et financière de la RDC doivent être les Congolais eux-mêmes. Le développement de notre pays doit être la préoccupation principale des citoyens, qui seront également les premiers bénéficiaires des progrès réalisés. Ayant réalisé un diagnostic sans complaisance de la situation du pays, je propose une voie pour sortir du sous-développement à travers la mise en œuvre du Plan Marshall de Noël Tshiani pour la Reconstruction et le Développement de la RDC.

Ce plan ambitieux vise à améliorer la gouvernance du pays en luttant contre les maux tels que la corruption, les détournements de fonds publics et la prédation des ressources naturelles. Il envisage également la mobilisation de ressources budgétaires significatives pour construire des infrastructures de qualité, réorganiser l’économie, développer une industrie locale créatrice d’emplois, investir massivement dans les ressources humaines (santé et éducation), et moderniser les villes à travers le pays.

Un aspect crucial du Plan Marshall est la Loi Tshiani de père, de mère et d’épouse, visant à protéger la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la RDC. Il appelle également au renforcement de l’unité nationale et à la lutte contre la discrimination, le tribalisme et la xénophobie.

Pour réussir cette vision ambitieuse, il est essentiel de rassembler tous les Congolais, de mettre fin aux querelles stériles et de travailler ensemble. En plus d’améliorer la gouvernance économique et financière du pays, nous devons lutter pour une redistribution équitable des richesses nationales, en adoptant une grille salariale transparente garantissant un salaire minimum de 1 000 $ par mois pour tous les travailleurs du secteur public et privé à travers le pays. Je suis un libéral conservateur qui prône une intervention étatique raisonnable pour corriger les inégalités sociales et promouvoir la justice sociale.

La stabilité du taux de change du franc congolais reste un problème persistant. Malgré les promesses répétées du gouvernement de prendre des mesures correctives, la population ne constate aucun changement concret. Quelle stratégie radicale pourrait être mise en place pour résoudre cette question ?

La mise en œuvre d’une thérapeutique de choc est une entreprise complexe, nécessitant une série d’actions méthodiques et coordonnées pour atteindre les objectifs fixés. Pour commencer, il est crucial d’adopter une discipline budgétaire rigoureuse et d’éviter les déficits chroniques, ce qui suppose un environnement économique et sécuritaire stable. De plus, une politique monétaire indépendante et crédible au niveau de l’institut d’émission est indispensable. Recourir à la planche à billets pour financer les déficits budgétaires chroniques ne permettra pas de stabiliser les taux de change et la monnaie nationale.

Pour obtenir des résultats durables, il est impératif de s’attaquer aux causes profondes du problème. Cela implique de mettre fin à la guerre, qui engendre des dépenses publiques incontrôlables, et de réorienter le système bancaire congolais vers le marché intérieur plutôt que de le laisser sous l’influence de forces étrangères peu scrupuleuses. Il est également crucial de mettre en place un nouveau leadership visionnaire au sein des ministères économiques et financiers, ainsi qu’à la Banque centrale, afin de mobiliser la population et de l’impliquer dans la lutte contre la dollarisation et la dépréciation de la monnaie nationale.

Pour cela, il est essentiel de donner à la Banque centrale les moyens nécessaires, notamment en la recapitalisant, et de lui permettre d’agir de manière indépendante dans la conception et la mise en œuvre de la politique monétaire et de change. Il est également primordial de mettre un terme aux pratiques néfastes telles que l’importation indiscriminée de devises étrangères par les banques privées étrangères, un rôle qui devrait être exclusivement réservé à la Banque centrale.

Par ailleurs, la diversification de l’économie est essentielle pour attirer les investissements nationaux et internationaux, favoriser la production locale et réduire la dépendance aux importations. Cela implique non seulement l’industrialisation et l’exploitation locale des ressources naturelles, mais aussi le développement de la souveraineté alimentaire par des investissements massifs dans l’agriculture, l’élevage et la pêche.

Enfin, pour que la population ait confiance dans les politiques et mesures mises en œuvre, il est crucial de choisir des personnes compétentes et intègres pour mener ce travail, en veillant à distinguer les nationalistes véritables des opportunistes uniquement intéressés par leur propre enrichissement.

Les directives pour le prochain Premier ministre, et par extension pour l’Exécutif, sont définies par les « Six points » énoncés par le président de la République lors de son investiture. Quelles conditions doivent être remplies pour que ces directives puissent être mises en œuvre ?

Les six points énoncés par le Président de la République lors de son discours d’investiture sont les suivants :

L’engagement à créer davantage d’emplois.

L’engagement à protéger le pouvoir d’achat.

L’engagement à garantir une sécurité accrue pour tous.

L’engagement à intensifier la diversification de l’économie congolaise.

L’engagement à assurer un accès accru aux services de base, notamment des soins de santé de qualité et une éducation de base pour tous.

L’engagement à renforcer l’efficacité des services publics, notamment par la construction d’infrastructures routières, aéroportuaires et touristiques pour relier l’ensemble du territoire national.

Ces orientations représentent une vision de développement prometteuse pour le pays, étroitement alignée avec mon Plan Marshall pour la RDC. Pour mettre en œuvre efficacement cette vision ambitieuse, le Chef de l’État devra sélectionner les technocrates les plus qualifiés et les placer dans des postes correspondant à leurs domaines d’expertise, tout en leur permettant de travailler vers des objectifs clairement définis sous la coordination d’un Premier ministre compétent et intègre. En d’autres termes, il sera crucial de désigner les personnes adéquates pour les postes appropriés. L’individu choisi devra être un expert dans son domaine et surtout, être intègre, sans implication dans des affaires de corruption ou de violence.

L’un des sujets d’actualité brûlants concerne la nouvelle offensive de prédation et d’expansionnisme menée par le Rwandais Paul Kagame pour la quatrième fois en 28 ans (après l’AFDL, le RCD et le CNDP) contre la République démocratique du Congo. Face à cette menace, Kinshasa doit-il se limiter aux démarches diplomatiques pour y mettre un terme ?

Les démarches diplomatiques ont été et restent nécessaires pour exposer au monde entier la nature non fiable de Paul Kagame et de son régime de criminels. Il est désormais largement connu que Paul Kagame est un individu manipulateur et corrompu qui ne respecte aucun engagement, tout en consolidant le développement de son pays aux dépens des Congolais, par le biais de meurtres et de pillages de leurs richesses. Après avoir causé la mort de 15 millions de Congolais, il est impératif de reconnaître que la présence de Paul Kagame à la tête du Rwanda représente et continuera de représenter une menace sécuritaire constante pour la RDC. Tant que Kagame et son armée composée exclusivement de Tutsis gouverneront le Rwanda, la RDC ne connaîtra ni stabilité ni paix durables. Par conséquent, notre objectif doit être de neutraliser la capacité militaire du Rwanda et de destituer Paul Kagame du pouvoir, que ce soit par le biais d’une intervention militaire ciblée ou par d’autres stratégies soigneusement planifiées.

Devant cette agression ayant entraîné la souffrance de plus de dix millions de victimes, l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne ont constamment fait preuve d’hypocrisie et de duplicité. Grâce à la diplomatie de Fatshi, ces puissances ont enfin dénoncé l’agresseur Kagame, même si aucune menace de sanctions n’a été formulée à son encontre. Quelle est votre opinion sur cette situation ?

Il est essentiel que les Congolais prennent conscience qu’ils sont seuls dans la lutte pour protéger la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale du pays et pour réaffirmer l’indépendance chèrement acquise au prix du sang de Patrice Emery Lumumba et des autres martyrs. L’histoire démontre qu’il est impossible de compter sur quiconque, et qu’il est nécessaire de tisser des relations de coopération bilatérale et militaire avec de nouveaux partenaires puissants qui ne nous considéreront pas comme acquis gratuitement.

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