L’affaire attire beaucoup d’attention. Jules Alingete Key, surnommé le « chien méchant » pour son engagement dans la lutte contre les détournements de fonds publics, se trouve aujourd’hui sous les projecteurs. Il dirige l’Inspection générale des finances (IGF) qui est actuellement sous enquête par le Parquet général de la Cour des comptes. Cette enquête concerne aussi plusieurs cadres de l’IGF ainsi que Placide Nkala, directeur général de la Gécamines, à propos d’un contrat de consultance signé en juillet 2023. Ce contrat controversé, conclu alors que l’IGF était en mission, était censé durer 90 jours, mais ce terme n’avait pas encore été atteint. De manière surprenante, la mission de supervision de l’IGF s’est transformée en une mission de consultance, ce qui a étonné les employés. À la Gécamines et ailleurs, on se demandait comment le directeur général, Placide Nkala, avait pu transformer une mission de contrôle, qui relevait de la présidence de la République, en une mission de consultance sous sa propre autorité. Au cœur de cette affaire se dessine déjà un écart flagrant. L’Inspection Générale des Finances (IGF), un établissement public de l’État congolais, initialement mandatée pour une mission de contrôle, s’est retrouvée à conduire une mission de consultance rémunérée par la Gécamines, une société commerciale détenue à 100 % par l’État congolais. Cela revient à dire que l’État, à travers l’IGF, se fait rémunérer par lui-même, via la Gécamines, pour exécuter ce qui relève en réalité de ses obligations réglementaires. Des invitations à des auditions ont déjà été envoyées aux personnes impliquées. La controverse s’intensifie quant à la légitimité du Parquet général près la Cour des comptes pour procéder à l’audition des inspecteurs des finances. Les opinions divergent. Au sein de l’Inspection Générale des Finances (IGF), certains soutiennent que les inspecteurs ne peuvent être entendus sur des faits liés à leur fonction qu’avec une autorisation expresse du Chef de l’État, conformément à la loi régissant le statut judiciaire des inspecteurs des finances. Toutefois, d’autres observateurs soulignent que l’IGF, en tant qu’établissement public de l’État, n’est pas exempté du contrôle. La Cour des comptes a pour mission d’effectuer un c