« Mieux vaut prévenir que guérir », renseigne une grande sagesse ancienne. Depuis un certain temps, tout observateur averti de la scène nationale et internationale peut constater à travers les médias, les réseaux sociaux, les points de presse, les rassemblements et les discours une inclinaison dangereuse qui prend peu à peu corps non seulement dans notre société, mais à travers toute la planète et tend à se renforcer : Celui de la violence dans les discours, celui du « nous » et/contre « eux », « les opposants » et « la majorité au pouvoir », « les chauds » et « ceux qui ne le sont pas », « les fidèles catholiques pour » et « les fidèles catholiques contre », les intégristes « pro-charia », « les révisionnistes » et « les non révisionnistes », « les pros » et « les contres », etc. La liste des antagonismes est si longue, que cette modeste réflexion/contribution ne suffirait pas à les énumérer.
Cette polarisation de nos sociétés, si elle n’est pas tempérée, freinée et dénoncée conduira, en ce qui concerne particulièrement notre pays la République Démocratique du Congo, à des déchirements et des affrontements qui ne feront qu’aggraver la situation déjà difficile que le pays traverse et dont tout le monde sortira perdant. Nous en sommes arrivés au point où certains acteurs politiques et leaders d’opinions ne se privent plus de demander à leurs partisans de dénoncer ceux qui dans leurs environnements respectifs ne partagent pas leurs points de vue, ou évoluent dans d’autres cercles que les leurs. Tout se passe comme si nous n’avons pas tiré les leçons de l’histoire. Et pourtant, même l’actualité qui nous environne nous donne assez d’exemples de dérives graves de communautés qui, à cause de discours violents et agressifs, se massacrent sans la moindre pitié, alors qu’il y a peu ces personnes vivaient côte-à-côte sans la moindre appréhension ou animosité les uns pour les autres.
Partout dans le monde, le discours de la haine décime des populations entières pour des raisons d’identité, de politique, de religion ou d’idéologie. Il n’y a pas si longtemps, sur le continent africain, en Sierra-Léone, au Liberia, en Côte-d’Ivoire, au Soudan, au Rwanda, au Nigeria, au Burundi, en Lybie, en Egypte, et même ici chez nous, autant d’exemples ou les communautés se sont affrontées et entretuées à cause de cette stigmatisation de « l’autre ». Aujourd’hui encore, à plusieurs endroits, le sang continue de couler à cause de ces déchirures causées par des conflits fratricides. A l’origine de ces blessures et de ces catastrophes humanitaires on retrouve toujours, comme ayant précédé ces événements ce genre de discours « polarisant » et stigmatisant tenus par des « pyromanes » qui ont vite fait de se mettre à l’abri pendant que la « maison commune » était en feu.
Non loin de chez nous, il n’y a pas si longtemps la communauté internationale n’a pas pris toute la mesure de la situation en République centrafricaine, comme celle du Rwanda, alors que les alertes avaient été lancées. C’est le cas notamment de cet avertissement fait par ce responsable de l’ONU qui, de retour d’un voyage de cinq jours dans le pays, avait dit que la crise était prévisible et s’expliquait par de nombreuses années de négligence internationale. « Les éléments et germes d’un génocide sont présents », affirmait John Ging, directeur des opérations pour le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), lors d’une conférence tenue à Genève. « Il y a tous les éléments que nous avons vus ailleurs, dans des endroits comme le Rwanda et la Bosnie ». Aujourd’hui, à notre modeste niveau, nous tirons la sonnette d’alarme pour éveiller les consciences afin que notre pays soit épargné de ces atrocités. Nous n’en n’avons pas besoin.
Les génocides, les massacres des masses ne sont pas des tragédies qui arrivent du jour au lendemain ou qui surviennent sans signes précurseurs. Un génocide ou un massacre de masse suppose de l’organisation et constitue, en fait, une stratégie délibérée, q

