Tribune
I. Introduction :
Au moment où l’Afrique est en proie à une grave instabilité et que le monde est menacé par de graves périls, il me parait utile de rappeler que, pour un pays fragile, qui peine à sortir d’une très longue période d’instabilité et de conflit, il n’est pas bon d’être en mauvais termes avec les Etats-Unis d’Amérique.
A ceux qui l’aurait peut –être oublier, les USA sont, et le resteront encore pour longtemps, la Superpuissance mondiale qui agit pour réguler les affaires du monde au gré de ses intérêts et de sa puissance, capable de se déployer et d’agir, au grand jour ou dans l’ombre, dans n’importe quel endroit de la planète et même au-delà. Cette grande capacité de nuisance, il vaut mieux l’avoir avec soit que contre soit. Cela tient du bon sens le plus élémentaire. Les rêveries souverainistes des nervis de tous bords qui cherchent à plaire traduisent de la part de leurs auteurs une mauvaise lecture des enjeux stratégiques, dans un monde d’interdépendance ou même les plus grands se plient aux exigences de ce village planétaire. Ce bon sens, je vais le mettre à profit pour tenter d’apporter un éclairage sur la politique africaine d’Etats-Unis, afin de contribuer a aider nos décideurs de disposer des informations fiables pour se déterminer en fonction de la place que nous voulons y occuper et du rôle que nous souhaitons y jouer pour le plus grand bien de tous, du moins nous l’espérons.
Je ne suis pas un spécialiste de la politique américaine. Mon éclairage va donc s’appuyer sur la réflexion de ceux qui le sont. Ce qui explique les nombreuse références et citations diverses, puisées au gré de mes investigations.
II. Les principes de la politique des Etats-Unis en Afrique :
Les principes qui dictent la politique américaine en Afrique ne sont pas toujours très clairs. Ils changent dans le temps en fonction du contexte géopolitique. A la fin des années 1980, la détente s’impose. L’effondrement de l’URSS réduit les tensions dans le monde. L’Afrique perd alors de son – modeste – intérêt stratégique et militaire. Sous la pression de l’opinion publique et du Black Caucus au Congrès, le gouvernement américain engage une politique d’apaisement et de règlement de certains conflits, en Angola, en Namibie, en Afrique du Sud. Traduisant les divergences entre le Congrès et la Maison-Blanche, la pression américaine, réelle, est ambiguë à l’encontre du régime sud-africain. Dès 1986, la loi COMPREHENSIVE ANTI APARTHEID ACT impose un embargo partiel dans les relations commerciales avec l’Afrique du Sud ; certains produits sont frappés par ces restrictions commerciales (charbon, fruits, diamants, quelques produits manufacturés), mais d’autres produits jugés stratégiques restent en dehors de cette contrainte (chrome, manganèse, or).
La période qui suit est organisée en trois phases :
La politique de Washington semble tout d’abord en retrait, hésitante et sans principes directeurs ; dans la première moitié des années 1990, le gouvernement américain hésite à s’impliquer dans les problèmes du continent, en particulier dans le drame rwandais.
Mais, dans une seconde phase, les Etats-Unis définissent une nouvelle stratégie axée sur la progression des positions économiques américaines en Afrique. Ainsi, en 1996, B. Clinton réoriente les priorités diplomatiques générales du pays, accordant une primauté de l’économique sur le militaire, au risque de mécontenter le Pentagone, dont le budget diminue. L’épisode somalien participe au processus de redéfinition de la politique africaine de Washington. En 1992, un véritable « effet CNN » réveille l’opinion publique américaine, la chaîne privée d’information retraçant sur le petit écran la guerre civile et la famine qui sévissent en Somalie. Le gouvernement lance alors l’opération « Restore Hope » (« Restaurez l’espoir »), en janvier 1993. Le même appareil médiatique provoque la réaction inverse en octobre 1993, lorsque la diffusion des images du corps d’un soldat américain traîné

