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19 avril, 2026 - 00:44:36
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Plus de quarante ans après Le gouvernement relance les travaux cartographiques du recensement de la population

C’est sur le terrain Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu, à Kinshasa, que la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a donné jeudi 17 avril le coup d’envoi officiel des travaux cartographiques du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGP2). Ce lancement marque une étape décisive dans un processus attendu depuis plus de quatre décennies, le dernier recensement national ayant eu lieu en 1984.

La cartographie, phase préparatoire essentielle du recensement, permettra de délimiter les zones de dénombrement, facilitant la répartition des agents recenseurs sur le terrain et réduisant les risques d’omissions ou de doubles comptes. Cette étape technique, préalable au recensement proprement dit, constitue un jalon crucial vers la production de données fiables sur la population congolaise, encore largement méconnue dans ses dimensions précises.

Un « moment historique »

Prenant la parole devant les autorités locales et les responsables du processus, Judith Suminwa a qualifié l’événement de « moment historique » pour la République démocratique du Congo. « Plus de 40 ans après le seul et unique recensement scientifique de la population de 1984, notre pays est résolument tourné vers la réalisation du deuxième recensement général », a-t-elle déclaré. L’émotion était palpable chez celle qui, avant d’accéder à la Primature, avait longuement porté ce dossier en tant que ministre du Plan.
S’inscrivant dans une dynamique de réforme de l’appareil statistique national, le recensement vise à fournir les fondations nécessaires à une planification du développement plus rigoureuse. « Les politiques publiques ne peuvent se concevoir sans données fiables sur les effectifs de la population et sur leur situation économique et sociale », a rappelé la cheffe du gouvernement.

Si Judith Suminwa a souligné son implication personnelle dans ce projet, elle a tenu à inscrire cette avancée dans la vision portée par le président Félix Tshisekedi. « Il faut rendre à César ce qui est à César », a-t-elle dit, saluant l’engagement du Chef de l’État pour un État mieux informé. La Première ministre a ainsi vanté une « vision révolutionnaire » qui ambitionne de doter le pays d’outils statistiques modernes et précis, capables de soutenir les ambitions de développement de la RDC.

La Première ministre a également exprimé sa reconnaissance envers les différents acteurs institutionnels et partenaires techniques ayant contribué à la relance du projet, en particulier le ministère du Plan, l’Institut national de la statistique (INS) et la coordination du Bureau central du recensement (BCR).

Une opération au cœur d’un pays fragilisé

Dans un contexte de tensions persistantes, notamment dans l’Est du pays, Judith Suminwa a rappelé que les priorités du gouvernement demeuraient intactes. « En dépit de l’agression injuste de notre pays et l’occupation par le Rwanda et ses supplétifs du M23 de quelques villes et localités dans l’Est, le gouvernement reste déterminé à mettre en œuvre son programme d’actions », a-t-elle affirmé, martelant la volonté des autorités de poursuivre les réformes, y compris dans les domaines techniques et structurels.

Cette détermination s’accompagne d’un discours volontariste sur le rattrapage statistique du pays. « Il n’est jamais trop tard pour un nouveau départ », a lancé la Première ministre, appelant les agents recenseurs à un engagement sans faille pour corriger les lacunes accumulées depuis plusieurs décennies.

Un chantier encore à ses débuts

La phase pilote de la cartographie concerne trois zones : la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, le territoire de Bulungu dans la province du Kwilu, et la ville de Tshikapa dans le Kasaï. Ces travaux devraient s’achever en juin par la publication d’un rapport. La phase de généralisation de la cartographie sur l’ensemble du territoire est prévue dès juillet, prélude à la phase de dénombrement proprement dite.

Contrairement au recensement de 1984, celui de 2025 s’appuiera presque exclusivement sur des outils numériques, une innovation censée garantir une plus grande précision et une meilleure gestion des données.

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