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14 mai, 2026 - 03:58:55
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Santé maternelle : la RDC étend la gratuité des accouchements à 14 provinces

Dans une République démocratique du Congo confrontée à de profondes inégalités d’accès aux soins, le programme de gratuité de la maternité s’impose comme l’un des chantiers les plus prometteurs de l’action gouvernementale. Porté par une volonté politique affirmée et soutenu par des partenaires internationaux, il dessine les contours d’une politique sociale ambitieuse, capable de transformer concrètement la vie de millions de femmes. Alors que 14 provinces en bénéficient déjà, cette initiative marque un pas décisif vers une couverture santé universelle plus équitable et plus humaine.

Le ministre de la Santé a présenté devant les députés l’état d’avancement du programme phare de gratuité des accouchements, qui couvre actuellement 14 des 26 provinces du pays. Un effort conjoint du gouvernement et de la Banque mondiale.

Le gouvernement congolais entend inscrire dans la durée le programme de gratuité de la maternité et des soins néonatals lancé en 2019. Face aux députés réunis jeudi 8 mai au Palais du Peuple, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a défendu la portée et les modalités de cette politique publique qui constitue l’un des piliers de la couverture santé universelle promue par le président Félix Tshisekedi.

Répondant à une question orale avec débat du député national Freddy Bonzeke Iliki, l’autorité sanitaire a indiqué que le programme couvre à ce jour 14 des 26 provinces du pays, soit plus de la moitié du territoire national. « Sur les 26 provinces, nous avons étendu sur les fonds propres de l’État au Kongo Central, à Kinshasa et au Kasaï Oriental. Sur financement de la Banque mondiale, nous avons pu inclure 11 provinces supplémentaires », a précisé le ministre. Cette extension permet de prendre en charge 257 zones de santé sur les 519 existantes, ainsi que 4 622 établissements de soins, dont 2 080 publics et 2 452 privés ou confessionnels.

Un déploiement progressif

Avec un coût estimé à « un peu plus de 200 millions de dollars par an » pour une couverture nationale, le programme a été initialement lancé dans la capitale, Kinshasa. Un choix stratégique, selon Samuel Roger Kamba, justifié par la densité démographique de la ville, la diversité des structures de santé et les possibilités d’évaluation des dispositifs mis en place. Un budget de 42 millions de dollars avait alors été mobilisé à cet effet.

« Pourquoi Kinshasa ? Parce que c’est la plus grande agglomération du pays, mais aussi parce qu’on y retrouve des situations comparables à celles du milieu rural dans certaines communes périphériques », a-t-il expliqué. La province voisine du Kongo Central a ensuite été incluse afin d’éviter un afflux de parturientes vers la capitale, qui aurait pu provoquer une saturation du système local de santé.

La participation de la Banque mondiale, obtenue dans le cadre d’un redéploiement des fonds initialement destinés à la lutte contre la malnutrition, a permis d’élargir la couverture à d’autres provinces. Toutefois, certaines entités comme le Maï-Ndombe n’étaient pas prévues dans le schéma initial. « Nous avons dû négocier une extension spécifique pour cette province », a précisé le ministre.

Des établissements sélectionnés pour garantir la qualité

Au-delà de l’objectif de gratuité, l’exécutif affirme viser une amélioration concrète de la qualité des soins. « Le but n’est pas simplement de rendre la maternité gratuite, mais de garantir aux mères des soins de qualité », a souligné Samuel Roger Kamba. À cet effet, seuls les établissements ayant passé un processus de sélection rigoureux sont intégrés au programme. Ce filtrage est assuré par l’autorité de régulation sanitaire, chargée de valider les critères de qualité des structures concernées.

Cette approche sélective permettrait d’éviter un élargissement de la gratuité aux dépens de la performance des soins. Elle implique également un suivi continu de la performance des centres intégrés, avec des mécanismes de supervision et d’évaluation.

Une ambition présidentielle

La gratuité de la maternité s’inscrit dans le cadre du premier paquet de soins de la couverture santé universelle, l’un des six engagements prioritaires du second quinquennat du président Tshisekedi. Ce programme entend garantir un accès équitable aux soins de santé, mais aussi à l’enseignement, à l’eau potable, à l’électricité et à la protection sociale.

Dans un pays où les indicateurs de santé maternelle et infantile restent parmi les plus préoccupants du continent, cette initiative revêt une importance stratégique. Mais sa pérennité reste tributaire du maintien des financements, tant nationaux qu’internationaux. « Le gouvernement reste déterminé à poursuivre ce programme. C’est un engagement de justice sociale et de dignité pour nos populations », a conclu le ministre.

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