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20 avril, 2026 - 01:31:11
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Démolitions à Kintambo : le député Gratien Iracan interpelle la ministre des Affaires foncières

Sans sommation ni mesures d’accompagnement, les bulldozers de l’État ont entamé depuis plusieurs jours la démolition de dizaines d’habitations dans la commune de Kintambo, à Kinshasa, selon le député national Gratien Iracan. Ce dernier décriant cette opération, exige des explications de la ministre des Affaires foncières, convoquée à l’Assemblée nationale ce mercredi 14 mai.

À Kinshasa, les cris des familles expulsées résonnent encore parmi les gravats. Dans la commune de Kintambo, plusieurs habitations ont été détruites ces dix derniers jours dans le cadre d’une opération lancée conjointement par l’hôtel de ville et le gouvernement central. Officiellement, il s’agit de débarrasser les abords de l’ancienne gare de constructions dites « anarchiques », en prélude à la réhabilitation du tronçon ferroviaire reliant la Gare centrale à Kintambo.

Mais la brutalité de l’opération interroge. Absence de notification préalable, absence de relogement, destruction massive de biens personnels… Autant de faits que dénonce avec vigueur le député national Gratien de Saint Nicolas Iracan, élu de Bunia-Ville. Dans une correspondance adressée à la ministre des Affaires foncières, Acacia Bandubola, et dont Infos27 a pu consulter une copie, l’élu exige des explications sur les modalités de cette campagne.

« La population de la ville de Kinshasa, dans la commune de Kintambo, est sous le choc de la destruction des maisons par des agents de l’État depuis près de dix jours. Selon les informations en notre possession, les occupants n’ont pas été avertis des actions qui allaient suivre », écrit-il.

Dans la même missive, datée du 13 mai, Gratien Iracan interpelle directement la ministre : « Pourriez-vous nous dire exactement ce qui se passe dans cette commune ? Pourquoi de grandes machines détruisent-elles toutes ces maisons, laissant des familles entières dans la rue, à la belle étoile, ayant perdu tous leurs biens ? »
Selon lui, cette absence de concertation ou de mesure compensatoire traduit une forme de mépris pour les plus vulnérables, souvent installés là depuis plusieurs années dans un contexte d’urbanisation chaotique, où l’État lui-même a parfois failli à faire respecter ses propres règles d’occupation foncière.

La ministre est donc attendue à la tribune de l’Assemblée nationale ce mercredi 14 mai. Elle devra s’expliquer sur les fondements juridiques de l’opération, les responsabilités engagées, et les mesures prises pour accompagner les sinistrés. Pour Gratien Iracan, il s’agit d’une question de justice sociale. « Vos réponses nous permettront de comprendre ce qui s’est réellement passé et de prendre notre responsabilité, en tant qu’élus du peuple, face à cette situation », conclut-il.

Enjeu ferroviaire et tension sociale

Du côté des autorités locales, on évoque un projet d’intérêt général. La zone touchée par les démolitions est stratégique : elle borde l’ancien tracé ferroviaire que le gouvernement souhaite réhabiliter afin de désengorger les artères du centre-ville. L’érection anarchique de maisons et d’étals autour de la gare de Kintambo constitue, selon l’hôtel de ville, une entrave majeure à cette ambition.

Mais la méthode, elle, suscite de plus en plus d’indignation. Car au-delà du projet d’aménagement, c’est l’extrême précarité des familles concernées qui frappe l’opinion. Pour nombre d’observateurs, ces opérations sans ménagement risquent d’attiser davantage la méfiance vis-à-vis des institutions, dans une capitale où les conflits fonciers et les expulsions musclées sont récurrents.

St Augustin K.

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