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Kinshasa
17 avril, 2026 - 15:14:37
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Patrick Muyaya défend sa vision de la communication publique devant l’Assemblée nationale

À l’heure où la guerre de l’information se joue autant sur les écrans que sur les fronts, le ministre de la communication, Patrick Muyaya, défend une politique de refondation des médias publics et d’assainissement du secteur. Face à la commission ATI-NTIC de l’Assemblée nationale, il a plaidé pour une RTNC modernisée, mieux financée, et plus apte à porter la voix de la République dans un contexte de guerre hybride. Au-delà de l’exercice technique, l’audition parlementaire a révélé l’ambition d’un appareil médiatique national cohérent, capable de faire front commun dans la bataille des récits.

Le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya, également porte-parole du gouvernement, a été auditionné lundi 19 mai par la commission Aménagement du territoire, infrastructures et nouvelles technologies de l’information et de la communication (ATI-NTIC) de l’Assemblée nationale. Un exercice de redevabilité parlementaire que le ministre a qualifié de « finalisation » d’un échange engagé quelques semaines plus tôt, autour des enjeux du secteur de la communication et des entreprises publiques qui en relèvent.

« Je crois que c’était un exercice parlementaire que nous avions commencé il y a quelques semaines », a-t-il rappelé devant les élus. « Une audition parce que les députés […] avaient des préoccupations pour ce qui concerne les entreprises sous ma tutelle, notamment la RTNC, le Renatelsat et l’ACP, mais aussi des préoccupations sur le fonctionnement général du secteur de la communication. »
Au cours de cette séance, le ministre a présenté les axes de sa politique sectorielle, qu’il inscrit dans la droite ligne de la vision du chef de l’État visant à « assainir le secteur des médias ». Il a notamment mis en avant l’adoption, en mars 2023, d’une nouvelle loi sur la presse, qu’il qualifie de « transformation structurelle ».

« Nous avons, à ce propos, une nouvelle loi depuis le 13 mars 2023, qu’on a baptisée la loi Muyaya », a-t-il indiqué. « Elle est venue après 26 ans pour transformer le secteur, parce qu’elle reconnaît l’existence de certains autres acteurs et a fait un pas vers la dépénalisation [des délits de presse], qui est toujours voulue et réclamée par les journalistes. »

Modernisation progressive des médias publics

Le ministre a également fait le point sur les efforts de modernisation engagés au sein des entreprises de médias publics. À Kinshasa, la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) a entamé une modernisation de ses équipements. L’Agence congolaise de presse (ACP), pour sa part, a amorcé un virage vers le numérique avec une présence accrue sur les réseaux sociaux.

« Aujourd’hui, lorsque vous regardez la télévision nationale, vous pouvez constater qu’il y a un effort qui est fait en termes de qualité », a affirmé Patrick Muyaya. « Mais on ne s’arrête pas là, parce que nous devons continuer. La télévision nationale, ce n’est pas seulement Kinshasa, mais aussi les 26 provinces. »

Le ministre a également insisté sur le rôle stratégique de Renatelsat, l’entreprise publique chargée de la diffusion satellitaire. « C’est le canal qui permet la transmission par satellite, notamment à l’intérieur du pays. […] Il y a un travail que nous avons commencé. »

Une redevance pour financer le service public

Patrick Muyaya a profité de son passage devant la commission ATI-NTIC pour défendre un autre chantier majeur : la mise en œuvre de la redevance audiovisuelle, conçue comme levier de financement durable de la RTNC.

« Nous avons eu l’occasion d’expliquer les efforts que nous faisons pour la collecte de la redevance, qui est un instrument de parafiscalité devant nous permettre de financer, notamment, la télévision nationale », a-t-il souligné. « Nous sommes en phase de conclure avec les télédistributeurs, mais il y a encore d’autres actes générateurs qui nécessitent des campagnes de communication. »

Le ministre a plaidé en faveur d’un soutien budgétaire accru à la RTNC, qu’il considère comme un vecteur essentiel de l’image du pays à l’intérieur comme à l’international. « Cette chaîne est censée présenter au monde le travail et les efforts des élus du peuple au quotidien », a-t-il insisté.

Une communication de guerre dans un contexte de crise

Dans un contexte de conflit persistant dans l’Est du pays, le porte-parole du gouvernement a rappelé que la stratégie de communication nationale repose aussi sur une « vigilance narrative ».

« Il ne faut pas oublier que nous sommes encore dans un contexte de guerre », a déclaré Patrick Muyaya. « Même si nous sommes sur la table des négociations, il faut considérer que nous devons être vigilants jusqu’au départ du dernier soldat rwandais. […] Les Congolais sont victimes d’une guerre injuste. Ce n’est pas la guerre du président ni du gouvernement ; c’est la guerre de nous tous. »

Enfin, le ministre s’est dit satisfait de l’accueil réservé à ses explications par les députés. « Je pense que les honorables députés ont plutôt compris tous ces éléments », a-t-il conclu. « Évidemment, il y a encore d’autres sujets. On ne pouvait pas tout épuiser, mais l’essentiel, c’est que nous avons donné les éléments qui ont permis aux députés d’être mieux informés sur la situation du secteur de la communication. »

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