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Kinshasa
24 octobre, 2026 - 15:15:10
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Réinventer Kinshasa : la RIMMOKIN à l’épreuve du logement, Olivier Junior Bidi en chef d’orchestre

Quadragénaire à la trajectoire éclectique, enraciné dans les réalités économiques, urbaines et sociales de la capitale congolaise, Olivier Junior Bidi a été nommé le 18 avril 2025 à la tête de la Régie Immobilière de Kinshasa (RIMMOKIN). Il hérite d’une ville au bord de l’asphyxie : plus de 17 millions d’habitants, un demi-million de nouveaux arrivants chaque année, des quartiers informels qui prolifèrent, un déficit de 400 000 logements, et une urbanisation hors de contrôle. Face à la spéculation foncière, au manque d’infrastructures et à l’inaccessibilité du logement pour les plus modestes, sa mission est claire : refonder la politique immobilière de Kinshasa et faire de la RIMMOKIN un véritable levier de transformation urbaine.

Kinshasa s’étale, s’étire, s’embouteille, sans jamais respirer. Capitale tentaculaire de plus de 17 millions d’habitants, elle grossit au rythme de 500 000 âmes supplémentaires chaque année. Mais ses infrastructures, elles, stagnent, débordées, incapables d’épouser la courbe démographique. Résultat : un déficit criant de logements, une urbanisation anarchique, des quartiers insalubres qui s’enchevêtrent aux marges de la ville. Dans ce contexte alarmant, la Régie Immobilière de Kinshasa (RIMMOKIN), longtemps moribonde, se voit confier une mission vitale : rebâtir la ville sur des bases saines, durables, inclusives. Depuis le 18 avril 2025, un nom incarne cet espoir : Olivier Junior Bidi.

À 42 ans, ce Kinois pur-souche cumule les casquettes, les expériences et les engagements. Il est l’homme sur lequel repose désormais le projet de redynamisation d’une régie appelée à devenir un acteur central de l’aménagement urbain. Sa nomination à la tête de la RIMMOKIN ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’un parcours éclectique, profondément enraciné dans les réalités sociales, économiques et culturelles de la capitale congolaise.

Une régie en panne de cap

La RIMMOKIN a longtemps semblé reléguée au rang de coquille vide. Créée pour faciliter l’accès au logement, en particulier pour les ménages à faibles revenus, elle a été minée par des années de sous-financement, de délabrement administratif et d’absence de stratégie. Pendant ce temps, Kinshasa s’urbanisait dans l’urgence, sans plans directeurs, sans infrastructures suffisantes, sans encadrement du secteur privé.

Face à l’explosion de la demande et à la flambée des prix, les Kinois les plus modestes sont les premières victimes d’un marché devenu inaccessible. Aujourd’hui, la ville présente un déficit de plus de 400 000 logements, selon le ministère de l’Urbanisme. Pour Olivier Junior Bidi, il ne s’agit plus seulement de construire, mais de penser la ville de demain, dans une logique d’équité, de durabilité et de cohérence territoriale.

Un parcours hors norme

Né le 12 juillet 1982 à Kinshasa, Olivier Junior Bidi est licencié en sciences économiques et de gestion de l’Université William Booth de Kinshasa. Sa formation académique s’est enrichie de plusieurs spécialisations en marketing et en communication au Conservatoire des arts et métiers, en France. Il développe très tôt une approche transversale du développement, mêlant économie, urbanisme, culture et engagement social.

Dès 2006, à seulement 24 ans, il participe activement à la rédaction du cahier des charges de la reconstruction de Kinshasa, en apportant son expertise en urbanisme et en planification. La même année, il cofonde, avec Léa Ndombasi, l’ONG Jeunesse Avertie, qui lutte contre le VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles. Il en assure depuis lors le secrétariat général.

Entrepreneur dans l’âme, il a exercé comme assistant à la comptabilité et responsable import-export chez DISPROMALT, une agence de publicité de la capitale. Il est également le fondateur de BMLIBRARY, une maison d’édition et librairie en ligne promouvant l’accès démocratisé à la littérature et au savoir.

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