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13 mai, 2026 - 07:48:57
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Tshisekedi salue l’implication directe de Trump dans le dossier RDC-Rwanda

À un tournant historique de la crise dans l’Est de la RDC, le président Félix Tshisekedi affirme une ligne diplomatique claire et ambitieuse : privilégier la paix par la voie du droit et de la négociation, sans céder sur la souveraineté nationale. Jeudi 26 juin, dans une interview accordée à Kinshasa à la journaliste Hariana Verás Victória, correspondante à la Maison Blanche pour l’Afrique, le chef de l’État a salué la médiation directe de l’administration Trump dans le processus de paix entre Kinshasa et Kigali. Il assume une stratégie de visibilité internationale, adossée à une exigence de justice pour les victimes des violences armées. Dans un contexte de guerre hybride menée par le M23-AFC avec l’appui de Kigali, Félix Tshisekedi pose les bases d’une désescalade encadrée, tout en gardant la main sur les conditions d’un accord durable.

À la veille de la signature annoncée d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le président congolais Félix Tshisekedi a salué, jeudi 26 juin à Kinshasa, le rôle joué par les États-Unis dans le processus en cours. Dans une interview accordée à la journaliste Hariana Verás Victória, correspondante permanente à la Maison Blanche pour l’Afrique, le chef de l’État congolais a exprimé sa reconnaissance envers l’administration Trump, qualifiant l’implication américaine de « décisive ».

« S’il y a un mérite que je reconnais aujourd’hui au président Donald Trump, c’est celui d’avoir pris le problème du conflit en RDC à bras-le-corps », a déclaré Félix Tshisekedi, évoquant un « accord de principe » en cours de finalisation entre les deux pays.

Selon le président congolais, les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda sont appelés à parapher un document dans les prochains jours, avant une possible signature officielle, en présence du président américain, « autour de la mi-juillet ».

Une médiation saluée

Depuis plusieurs mois, les efforts diplomatiques se sont intensifiés sous l’impulsion de Washington, qui a envoyé en mission le docteur Georges Boulos, conseiller spécial du président Trump, pour piloter des négociations entre Kinshasa et Kigali. Ces discussions se sont déroulées en marge de la pression militaire croissante à l’Est du Congo, théâtre d’un conflit sanglant impliquant les forces armées congolaises, les rebelles du M23-AFC, et, des troupes régulières rwandaises.

Félix Tshisekedi n’a pas caché son optimisme, tout en soulignant les enjeux d’un processus encore fragile : « Pour le moment, nous sommes sur un accord de principe, et je crois qu’un accord va être signé (…) Si le président Trump réussit, par son influence et sa médiation, à y mettre fin, il mériterait vraiment le Prix Nobel de la paix, et je serai le premier à voter pour lui », a-t-il affirmé.

Une reconnaissance stratégique

Cette déclaration intervient alors que les États-Unis redéploient leur politique africaine autour des enjeux de stabilité régionale et de sécurité transfrontalière dans les Grands Lacs. La reconnaissance publique de Félix Tshisekedi envers l’administration Trump apparaît comme un signal politique fort dans un contexte où les efforts de paix sont scrutés de près par les chancelleries occidentales, mais aussi par l’Union africaine et les Nations unies.

Le conflit dans l’Est de la RDC a causé, selon diverses estimations, plus de 6 millions de morts en deux décennies, et reste alimenté par des tensions ethniques, des rivalités économiques et l’implication d’acteurs étrangers. Depuis 2022, le retour sur scène du M23, appuyé par Kigali, a ravivé les hostilités et provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils.

Vers une paix durable ?

Si un accord était effectivement signé et respecté, ce serait la première fois depuis plus d’une décennie que la RDC et le Rwanda s’engagent, sous supervision internationale, à une désescalade formelle. Toutefois, de nombreux observateurs restent prudents quant à la mise en œuvre d’un éventuel accord, en raison de la complexité des réseaux d’influence dans la région et de l’absence, à ce stade, d’un mécanisme de vérification indépendant.

Kinshasa insiste sur la nécessité d’un retrait effectif des troupes rwandaises du sol congolais, d’un désarmement du M23 et d’une justice pour les victimes. L’accord évoqué devrait inclure, selon une source diplomatique proche du dossier, des engagements sécuritaires mutuels, une coopération renforcée dans la traque des groupes armés, et des garanties de respect de la souveraineté territoriale.
Pour Tshisekedi, il s’agirait d’un tournant. « Ce conflit a causé trop de larmes et de morts. Il est temps d’y mettre fin de manière claire et responsable », a-t-il conclu.

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