Après des semaines d’incertitude et d’attente, un cap majeur vient d’être franchi. Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie a annoncé, mercredi 9 juillet, le lancement officiel de l’impression des passeports sollicités avant le 5 juin 2025. Cette date correspond à l’entrée en vigueur du nouveau système national de délivrance des documents de voyage, amorçant un tournant décisif pour l’identité nationale et la mobilité des citoyens congolais.
Dans un communiqué officiel, le ministère a précisé que les premiers lots de passeports sont déjà en cours d’impression. Les bénéficiaires concernés — ceux dont les données biométriques ont été enregistrées dans l’ancien système — seront contactés à partir du jeudi 10 juillet pour retirer leurs documents dans leurs localités respectives.
Pour les requérants en attente de capture biométrique, des consignes claires seront publiées sous peu afin d’assurer leur transition vers le nouveau système. Progressivement, les postes diplomatiques, consulaires et les entités provinciales seront également intégrés à cette opération.
Un document conforme aux normes internationales
Ce lancement ne se limite pas à une simple reprise administrative. Il consacre l’entrée de la République démocratique du Congo dans un cadre normatif et technologique de haut niveau. Le nouveau passeport biométrique est un document de voyage hautement sécurisé, conforme aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Il intègre une puce RFID sans contact, une page de données en polycarbonate ultra-résistante, des hologrammes et filigranes de dernière génération, ainsi qu’un nombre accru de pages — de 32 à 38 — pour répondre à une plus grande mobilité.
À travers cette réforme, le gouvernement met un terme à plusieurs failles structurelles du passeport précédent : non-conformité aux normes internationales, vulnérabilité à la fraude, contrefaçons fréquentes, externalisation opaque de la production et coûts de fabrication élevés.
Un engagement politique fort pour la modernisation
Derrière cette réforme ambitieuse se dessine une volonté politique affirmée, portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi et concrétisée par le ministère des Affaires étrangères dans le cadre du Programme d’action du Gouvernement 2024–2028. La numérisation des services consulaires, la sécurisation des données personnelles et l’amélioration de la délivrance des documents officiels deviennent ainsi des piliers essentiels de l’État modernisateur que l’exécutif entend bâtir.
Le message est clair : « Aucune demande ne sera ignorée », insiste le ministère, qui assure avoir mis en place un dispositif rigoureux pour garantir un traitement équitable, rapide et transparent des dossiers. Cette politique de responsabilité et de transparence contraste avec les dysfonctionnements du passé et témoigne d’une nouvelle dynamique administrative.
Une réponse attendue à une forte demande citoyenne
Très attendue par les citoyens, cette réforme apporte des réponses concrètes à des préoccupations majeures : sécurité des documents de voyage à l’étranger, simplicité de l’acquisition du passeport, dignité du citoyen congolais aux frontières internationales. Le gouvernement remercie d’ailleurs la population pour sa patience et l’invite à suivre les prochaines communications officielles, tout en se rapprochant des postes diplomatiques ou provinciaux en cas de besoin.
Une étape vers la souveraineté numérique
Au-delà de la mobilité individuelle, cette avancée s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique. En maîtrisant la production et la gestion des documents d’identité, la RDC renforce la crédibilité de son administration, la sécurité nationale, et la reconnaissance de ses citoyens sur la scène internationale.
La République démocratique du Congo fait ainsi un pas décisif vers la modernité. Plus qu’un simple livret, le nouveau passeport biométrique incarne l’ambition d’un pays de se hisser aux standards du XXIe siècle, avec des institutions réactives, des technologies de pointe et un profond respect du droit à la mobilité. Une nouvelle ère s’ouvre.

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