« Il serait difficile d’envisager la survie de la RD Congo et son développement durable sans la prise en charge responsable des Etats-Unis d’Amérique qui sont avec Léopold II, les deux géniteurs du Congo-Etat ». C’est la profession de foi faite par le Prof Bob Bobutaka Bateko dans son article intitulé « Les Etats-Unis d’Amérique et la création du Congo léopoldien : Schèmes d’archivologie et de mémoirologie » publié en juin 2025 dans la revue Ziglôbitha. Justifie-t-elle l’implication décisive du président Trump dans la crise à l’est du Congo dont le Rwanda est à la base depuis trente ans ? Nul doute. Il serait sur les traces de son prédécesseur, Chester Alan Arthur (1881-1885) sollicité en son temps par Léopold II pour la mainmise des USA dans la création du Congo et l’opportunité qu’il y avait de faire le commerce. Très engagé pour réduire l’influence trentenaire du Rwanda sur le Congo, il jure sur les affaires avec le Congo à travers le deal minier gagnant-gagnant en perspective.
Mi-avril 2025, une mission diplomatique occidentale à Kinshasa échange avec cinq journalistes congolais triés sur le volet. L’entretien tourne essentiellement autour de la crise à l’est et les différentes initiatives de paix en cours. Les diplomates européens posent une question : « Qu’est-ce qui explique l’immixtion fulgurante des USA, alors que généralement ils s’intéressent moins à l’Afrique ? »
Cette préoccupation suppose que certains Européens sont gênés aux entournures par les Américains, engagés à mettre fin à cette tragédie dont le Rwanda est à la base. Elle indique d’autre part que ces derniers veulent désormais prendre pied au Congo, se souvenant qu’ils en sont bel et bien « god father ». C’est un coin de voile que lève l’universitaire congolais Bob Bobutaka Bateko à travers son article précité, paru en juin 2025 dans Ziglôbitha, une revue de l’Université Peleforo Gon Coulibaly – Korhogo, en Côte d’Ivoire.
Léopold II fait jouer l’ambassadeur américain Sanford
L’aventure de la création du Congo commence avec le roi Léopold II avec l’Association Internationale Africaine (AIA) le 12 septembre 1876 après la Conférence géographique de Bruxelles et le 17 novembre 1879, à partir du Comité d’Etudes du Haut-Congo (CEHC), il crée l’Association Internationale du Congo (AIC), reconnue comme un Etat premièrement par les Etats-Unis d’Amérique en 1884, à la veille de la Conférence de Berlin (1884-1885). Pour avoir gain de cause de son entreprise en Afrique centrale contre la Grande-Bretagne, la France et le Portugal, il s’est, par la suite, avéré que les Américains se sont sentis dans l’impérium hégémonique de placer le Congo au centre de leur géostratégie en Afrique centrale.
En effet, le roi Leopold II s’est appuyé sur les deux organisations : la Conférence géographique de Bruxelles et le CEHC. La première, tenue au palais royal de Bruxelles, est organisée dans un double but : primo de lutter contre la traite des Noirs, et secundo, de permettre l’exploration scientifique des territoires inconnus afin d’y implanter la civilisation. Ainsi est naît l’Association Internationale pour l’Exploration et la Civilisation de l’Afrique centrale, connue plus sous la dénomination de l’Association Internationale Africaine (AIA). C’est le paravent philanthropique pour le projet privé du roi des Belges portant exploitation des richesses en Afrique centrale. L’aire géographique de son territoire devrait s’étendre de l’océan Indien à l’océan Atlantique, le cas échéant en Afrique centrale.
Pour sa part, le CEHC, institué le 25 novembre 1878 à l’initiative économique de Léopold II, a le statut d’une organisation commerciale au capital de 1.000.000 francs. Ce capital est rapidement libéré à concurrence de 500.000 francs par les premiers souscripteurs : Léopold II vient en tête, par l’intermédiaire du baron Léon Lambert (banquier), avec 265.000 francs, des Hollandais contribuent à la hauteur de 130.000 francs, deux souscripteurs britanniques et un Écossais apportent 30.000 francs chacun. Pour la structuration de cette organisation entrepreneuriale, le colonel, puis général belge, Maximilien Strauch, administrateur-général de l’Etat Indépendant du Congo, devient président de ce Comité, alors que le roi Léopold II en est président honoraire.
Ministre plénipotentiaire des Etats-Unis d’Amérique à Bruxelles de 1861 à 1870 sous les présidents James Buchanan (démocrate) et Abraham Lincoln (rÃ

