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17 avril, 2026 - 07:48:00
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France : enfin, Macron décide de reconnaitre un État palestinien ! 

Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 24 juillet 2025, que la France se préparait à reconnaitre un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies de septembre prochain, emboitant le pas à l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie. Un geste qui vise à relancer la solution « à deux États » dans un contexte de guerre à Gaza et de blocage du processus de paix.  

Alors qu’aucun cessez-le-feu n’est en vue à Gaza, une quarantaine de pays débattent, depuis lundi 28 juillet et pendant deux jours, d’une résolution à long terme du conflit israélo-palestinien. L’Arabie saoudite et la France président au siège de l’ONU à New York une conférence internationale sur la mise en œuvre de la solution à deux États. Cette conférence se tient à un niveau ministériel : un sommet de chefs d’État est prévu en septembre.

En annonçant son intention de reconnaitre l’État de Palestine lors de la prochaine Assemblée générale de L’ONU, Emmanuel Macron, dont la déclaration a surpris tout le monde, a donné un coup de projecteur bienvenu à cette rencontre.

Cette conférence était initialement prévue le 23 juin. Elle avait dû être reportée quelques jours avant : la guerre lancée par Israël contre l’Iran empêchait un certain nombre de participants de se rendre à New York. Paris a immédiatement manifesté sa détermination à l’organiser et l’a reprogrammé. La conférence ayant perdu un peu de son élan, les pays organisateurs ont dû revoir leurs prétentions à la baisse.

Ils espéraient notamment obtenir des reconnaissances croisées : qu’en échange de la reconnaissance d’un État palestinien par de nouveaux pays (148 l’ont déjà fait), dont la France, certains États musulmans reconnaitraient Israël, ou donneraient au moins des signaux dans le sens d’une normalisation des relations.

Mais la famine qui sévit à Gaza, et la poursuite de l’offensive militaire israélienne dans cette enclave alors que le Hamas n’a toujours pas libéré les otages du 7 octobre 2023, ont galvanisé la réprobation internationale et rendent impossible ce genre d’avancée diplomatique.

La crise à Gaza ayant atteint un paroxysme, une vingtaine de pays ont demandé, lundi 21 juillet, un arrêt immédiat des hostilités et une centaine d’ONG ont exhorté la communauté internationale à agir contre la famine. Ce à quoi œuvrent la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

ISRAËL OUTRAGÉ 

L’objectif de la conférence de New York est aussi de faire collectivement monter la pression sur Israël. Il s’agit de souligner l’isolement croissant de l’État hébreux et de lui montrer que ses partenariats dans la région dépendront de la création d’un État palestinien. Au bout du processus, la normalisation des relations des États musulmans avec Israël et la reconnaissance de la Palestine ont pour ambition de permettre l’élaboration d’une nouvelle architecture de sécurité régionale.

Coorganisatrice, l’Arabie saoudite espère par ce biais ancrer son influence régionale et obtenir davantage de stabilité dans la zone. La guerre de Gaza a en effet politisé la jeunesse du Moyen-Orient. Les États de la région doivent répondre à leur colère et, en validant un chemin irréversible vers la création d’un État palestinien, éviter aussi un déplacement massif de la population gazaouie vers leurs territoires.

Les Israéliens et les Américains, qui ne veulent pas de cette reconnaissance, parce qu’elle n’offre, selon eux, aucune perspective de paix durable dans la région, n’ont pas tardé à réagir.

Le président de la Knesset et troisième personnage officiel du pays, Amir Ohana, a affirmé que « l’on se souviendra du président français comme d’un collaborateur du mal ». Et d’ajouter : « J’ai honte d’avoir rencontré cet homme, la France mérite un dirigeant plus courageux. » Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a abandonné les codes de la bienséance diplomatique, affirmant : « Le président Macron est incapable d’assurer la sécurité d’Israël. Espérons qu’il parviendra à le faire dans les rues de Paris. »

Du côté de l’extrême droite israélienne, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, s’est au contraire félicité, sur un ton cynique, des déclarations d’Emmanuel Macron, estimant que le choc qu’il a provoqué ne peut qu’inciter le gouvernement à annexer la Cisjordanie, où vivent déjà un demi-million d’Israéliens.

« Nous avons désormais une raison supplémentaire pour enfin appliquer la souveraineté israélienne en Judée-Samarie » (le nom biblique de la Cisjordanie), a ainsi proclamé ce chef d’un parti ultranationaliste, fervent partisan d’une colonisation tous azimuts.

Israël apparaît plus que jamais isolé sur le front international tout en étant de plus en plus dépendant de Donald Trump, qui jusqu’à présent ne lui a pas ménagé son soutien.

Au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron sur un futur État palestinien, le président américain minimise la déclaration du chef d’État français : « Ce qu’il dit importe peu. C’est quelqu’un de très bien, je l’apprécie, mais cette déclaration n’a pas beaucoup de poids. Cela ne changera rien », affirme-t-il. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a ainsi qualifié l’annonce d’Emmanuel Macron de « gifle à la face des victimes du 7 octobre » et dénoncé l’initiative du président français « qui ne sert que de propagande du Hamas et fait reculer la paix ».

BESOIN DE PERSPECTIVE

Le mercredi 23 juillet, la Knesset a voté une motion en faveur d’une annexion de la Cisjordanie par Israël pour « retirer de l’ordre du jour tout projet d’État palestinien ». Celle-ci intervient suite à l’accélération ces derniers mois d’une forme de colonisation de la Cisjordanie avec la réforme des cadastres et la multiplication de violences de colons extrémistes.

Ce vote au Parlement israélien, la dégradation effroyable de la situation à Gaza, et l’ouverture imminente d’une initiative diplomatique portée par la France à New York ont sans doute poussé le président Macron à agir au milieu de l’été. Et d’annoncer pour septembre la reconnaissance de l’État palestinien par la France.

Mais celle-ci doit s’accompagner en retour d’une réforme de l’Autorité palestinienne, d’un désarmement du Hamas et de son exclusion de toute gouvernance comme d’une condamnation du terrorisme par les autorités palestiniennes.

Emmanuel Macron est convaincu qu’il faut donner une perspective politique pour sortir du conflit entre Israël et le Hamas et qu’un cessez-le-feu de 60 jours (selon les vœux du président américain, Donald Trump) sera insuffisant pour ramener de la stabilité dans la région. Mais un processus politique collectif peut s’engager, espère-t-il, et un cadre peut être élaboré dans ce délai qui mènera à un éventuel cessez-le-feu.

LES PALESTINIENS APPLAUDISSENT 

Chez les Palestiniens, l’heure est plutôt à l’euphorie, tant du côté de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, qui gère une partie de la Cisjordanie, que du Hamas, qui contrôlait sans partage la bande de Gaza depuis 2007. Les deux mouvements espèrent que le geste de la France sera suivi par d’autres pays, notamment en Europe.

Aujourd’hui, 148 des 193 pays membres de l’ONU reconnaissent officiellement l’État de Palestine, dont quasiment tous les pays africains, sud-américains et asiatiques. À contrario, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon ou encore l’Australie n’ont pas franchi le pas. Et 15 États membres de l’UE ne reconnaissent pas la Palestine en tant qu’État indépendant, notamment l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche. Robert Kongo, correspondant en France  

 

 

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