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Kinshasa
8 novembre, 2026 - 13:39:18
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Décentralisation en panne de financement : une proposition de loi pour libérer les ressources locales et sauver les ETD

Depuis plus d’un an, de nombreux conseillers municipaux attendent encore leur salaire, tandis que les administrations locales peinent à fonctionner faute de moyens. Face à ce blocage, un collectif de députés, dont Olivier Katuala – déjà à l’origine de la loi modificative de la loi bancaire adoptée en plénière en juin dernier – propose une réforme audacieuse : transférer directement certaines recettes provinciales aux communes et villes, pour financer salaires, infrastructures et services publics. Cette initiative pourrait transformer la décentralisation en RDC en donnant enfin aux élus locaux et urbains, ainsi qu’aux populations, les moyens concrets d’agir sur le terrain. 

Imaginez : des conseillers municipaux élus avec enthousiasme il y a plus d’un an et demi, mais laissés sans salaire, sans moyens pour agir. Des administrations locales paralysées, des services publics au ralenti, et des populations frustrées par une gouvernance de proximité qui reste un mirage. C’est la réalité amère de la décentralisation en RDC aujourd’hui. Alors que la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) annonce l’ouverture imminente du dépôt des candidatures pour les élections des conseillers urbains, bourgmestres et maires, avec des scrutins fixés provisoirement au 9 octobre pour les municipales et au 22 novembre pour les urbaines, l’État peine à financer ces entités territoriales décentralisées (ETD). Les rémunérations des élus et les frais de fonctionnement restent un casse-tête insoluble, ce qui menace de transformer ces élections en un énième fiasco.

Tout part d’une idée simple mais puissante : les ressources existent bel et bien localement, mais elles ne sont pas mobilisées efficacement. Selon l’ordonnance-loi n° 18/004 du 13 mars 2018, qui fixe la nomenclature des impôts, droits, taxes et redevances, les provinces disposent de 118 recettes-clés d’intérêt commun, dont elles sont tenues de rétrocéder 40 % aux ETD, et de 25 recettes spécifiques. En comparaison, les villes ne disposent que 39 (dérisoires) recettes urbaines, et les communes seulement 34 (du reste insignifiantes). Or, cette rétrocession de 40 % reste une chimère : les provinces, souvent débordées par leur vaste territoire et des défis logistiques, ne la respectent pas, privant les ETD de milliards de francs congolais essentiels. Résultat ? Plus d’un an après les élections des conseillers municipaux, ces derniers attendent toujours leur prise en charge, tandis que les administrations locales, comptant parfois des centaines d’agents, fonctionnent au ralenti, incapables de payer salaires ou d’investir dans des infrastructures de base comme les routes, école