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20 avril, 2026 - 00:28:17
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Budget 2026 : Muzito et Fwamba veulent propulser les recettes courantes à 13 milliards

L’ambition budgétaire de la République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension. Après avoir stabilisé ses finances et franchi le cap symbolique des 10 milliards de dollars de recettes courantes en 2025, Kinshasa entend désormais accélérer la cadence. Le gouvernement vise, pour 2026, une enveloppe record de 13 milliards de dollars, preuve d’une volonté affirmée de rompre avec les plafonds du passé et de bâtir une économie plus résiliente. À la manœuvre, le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba, qui entendent mobiliser les régies financières autour de cet objectif. Au-delà des chiffres, il s’agit de donner à l’État les moyens de financer les priorités sociales, moderniser les infrastructures et renforcer le pouvoir d’achat. Dans un contexte de croissance robuste mais encore vulnérable, l’exécutif affiche ainsi son cap : transformer les performances budgétaires en véritable moteur de développement national.

À l’initiative du vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, et du ministre des Finances, Doudou Fwamba, le gouvernement congolais a réuni mardi 19 août à Kinshasa les régies financières afin de définir les contours du projet de loi de finances 2026. Objectif affiché : porter les recettes courantes à 13 milliards de dollars, un niveau jamais atteint jusqu’ici.

Un saut budgétaire après une année de transition

L’année 2025 avait déjà marqué un tournant dans la trajectoire budgétaire de la République démocratique du Congo (RDC). Les conférences budgétaires de juillet-août avaient fixé les recettes courantes à 11 milliards de dollars, après une loi de finances rectificative qui les plafonnait à 9,9 milliards. Désormais, l’exécutif veut franchir un nouveau cap.

« La réunion qui vient d’avoir lieu rentre dans le cadre du processus d’élaboration du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Le vice-Premier ministre du Budget a réuni les administrations financières avec le ministre des Finances. La discussion a porté sur la projection des recettes de 2026, le bouclage après les conférences budgétaires. Il a un objectif de doubler le budget, comme il l’avait annoncé », a rappelé Rolly Lengo, directeur général de la politique et programmation budgétaire (DGPPB).
En clair, l’exécutif souhaite passer de 9,9 milliards de dollars réalisés en 2025 à 13 milliards en 2026, soit une progression de plus de 30 %. Un objectif ambitieux, mais jugé atteignable par Kinshasa grâce à une mobilisation renforcée des recettes fiscales et non fiscales.

Les régies financières en première ligne

La Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) sont appelées à jouer un rôle central.

« Le VPM a demandé aux régies de travailler pour atteindre d’abord les 11,7 milliards de dollars prévus dans le cadre budgétaire à moyen terme, et d’explorer les mesures permettant d’aller au-delà, vers 12 milliards, voire 13 milliards », a expliqué M. Lengo.

Les administrations financières devront élargir l’assiette, intensifier la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale et améliorer le recouvrement. Le gouvernement mise aussi sur une meilleure digitalisation des paiements pour sécuriser les recettes et limiter les pertes liées aux circuits informels.

Un contexte économique favorable mais fragile

Cette ambition se déploie dans un environnement marqué par une croissance soutenue mais inégale. La Banque centrale du Congo table sur une croissance de plus de 6 % en 2025, portée par l’exploitation minière, notamment le cuivre et le cobalt. Mais cette dynamique reste fragile face aux fluctuations des cours mondiaux et aux tensions géopolitiques régionales.

L’inflation, qui avait dépassé les 12 % en 2024 avant de retomber autour de 9 % en 2025, demeure une source de préoccupation. Pour préserver le pouvoir d’achat, le gouvernement prévoit de reconduire certaines mesures d’atténuation, comme la réduction de la TVA sur des produits de première nécessité.

Une discipline budgétaire sous surveillance du FMI

Le cap fixé à 13 milliards s’inscrit dans le cadre de la coopération de la RDC avec le Fonds monétaire international (FMI), engagé depuis 2021 à travers un programme de réformes. Kinshasa s’est vu recommander de renforcer sa mobilisation interne afin de réduire sa dépendance à l’aide extérieure et de mieux financer ses priorités sociales.

Le FMI insiste sur la nécessité d’accroître les recettes intérieures, de rationaliser les dépenses et d’améliorer la gouvernance financière. En fixant un objectif inédit de 13 milliards, le gouvernement congolais entend montrer sa capacité à tenir le cap des réformes et à renforcer sa crédibilité auprès de ses partenaires.

Priorités : infrastructures, services publics et programmes sociaux

L’augmentation des recettes doit permettre de financer des programmes structurants. Les autorités veulent investir dans la modernisation des infrastructures routières et énergétiques, le renforcement de l’éducation et de la santé, ainsi que la prise en charge des dépenses sociales.
« Il est essentiel que cette dynamique budgétaire se traduise concrètement dans la vie des citoyens », confie un cadre du ministère des Finances. « La mobilisation de 13 milliards de dollars doit donner à l’État les moyens de financer les services publics et de répondre aux attentes de la population. »

Un appel au civisme fiscal

Le gouvernement insiste par ailleurs sur le rôle des contribuables. La mobilisation des recettes suppose non seulement une meilleure efficacité des régies financières, mais aussi une adhésion plus large au paiement de l’impôt.

« Nous appelons nos concitoyens à un sursaut de civisme fiscal », a souligné Doudou Fwamba, ministre des Finances. « Le financement des infrastructures, des hôpitaux et des écoles dépend de cette contribution collective. »

Cette approche s’accompagne de la volonté d’instaurer une plus grande transparence dans l’utilisation des ressources, afin de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.
L’objectif de 13 milliards marque une rupture avec la gestion budgétaire des années précédentes. Longtemps dépendante de la volatilité des recettes minières, la RDC tente désormais de construire une trajectoire plus prévisible et diversifiée.

Si la tâche reste ardue, les autorités affichent leur détermination à transformer les recettes en véritable levier de développement. « C’est une nouvelle culture budgétaire que nous voulons installer », a insisté Adolphe Muzito devant les responsables des régies.

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