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17 avril, 2026 - 09:12:30
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Kinshasa riposte aux accusations de Kabila : « Un chef de guerre qui se déguise en apôtre du dialogue »

Joseph Kabila a beau tenter de se draper dans les habits du martyr et du pacificateur, sa dernière sortie médiatique dans Jeune Afrique a provoqué une riposte immédiate du gouvernement congolais. Car derrière la rhétorique d’un “faux procès” et d’une “persécution politique”, Kinshasa voit surtout la stratégie d’un ancien président acculé par la justice et prêt à brouiller les pistes pour échapper à ses responsabilités. « Dans cette crise, il en est le chef de guerre », a fustigé le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, accusant Kabila d’avoir pris les armes contre la République et d’avoir sacrifié des milliers de vies pour imposer ses intérêts. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, l’a rejoint : « Ceux qui veulent la paix se disposent pour la paix. Je ne suis pas sûr qu’il ait montré, dans ses derniers mouvements, qu’il était prédisposé à faire la paix. » L’ancien chef d’État, qui se présente en victime, est désormais décrit par le pouvoir comme l’instigateur cynique d’une guerre meurtrière dans l’Est du pays.

Mardi 2 septembre, sur la télévision nationale, le gouvernement congolais a sèchement répliqué à la tribune de Joseph Kabila publiée dans Jeune Afrique. Alors que l’ancien président se dit persécuté par un “pouvoir désespéré”, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont dénoncé un discours de diversion, indigne d’un ancien chef de l’État.

Joseph Kabila Kabange s’est posé en victime d’un “faux procès” et en artisan potentiel de la paix. Accusé de trahison, de crimes de guerre, de complicité avec le mouvement rebelle M23 et de collusion avec Kigali, l’ancien président – qui encourt la peine de mort – a dénoncé des “poursuites politisées”, une “instrumentalisation de la justice” et un “saccage de la réconciliation nationale”.

Mais pour le gouvernement, l’homme qui a dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à 2019 tente surtout de réécrire l’histoire récente du pays. « Kabila a pris les armes contre la République ». Jacquemain Shabani n’a pas mâché ses mots. « Monsieur Kabila ne peut pas se permettre de dire aujourd’hui que Kinshasa ne favorise pas le dialogue pendant que lui, ancien président de la République, bénéficiant d’une loi qui lui donne des privilèges, pas de moindres, mais aussi des obligations, a pris les armes contre la République », a lancé le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

Et d’enfoncer le clou : « Tout le monde sait qui est derrière cette crise et quel rôle joue Monsieur Kabila. Dans cette crise, il en est le chef de guerre. Vous ne pouvez pas prendre les armes pour réclamer le dialogue. Vous ne pouvez pas tuer des milliers de gens, faire déplacer des millions de Congolais, pendant plus de trois ans autour de la ville de Goma… C’est se moquer de cette nation, de tous ces morts ! »

Alors que l’ancien président tente de se poser en homme de dialogue, Shabani a dénoncé un discours “insultant” pour un ancien chef d’État. « Les villes de Bukavu et de Goma se vident chaque jour avec des compatriotes qui cherchent refuge au Kenya, en Ouganda, etc. Est-ce qu’il faut ça pour obtenir un dialogue sur des préoccupations égoïstes, personnelles ? », a-t-il interrogé.

« Ce sont les actes qui comptent »

Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a abondé dans le même sens, appelant à confronter les paroles de Kabila à ses agissements : « Ceux qui veulent la paix se disposent pour la paix. Je ne suis pas sûr que dans ses derniers mouvements, il a montré que c’est un homme prédisposé pour faire la paix. Pour le reste, ce sont des commentaires, parce qu’on veut trouver une place dans l’opinion, mais dans le cœur, l’agenda est différent. Ce sont les actes. »
Muyaya a aussi rappelé l’existence d’un cadre légal spécifique pour les anciens présidents : « Il y a une loi qui précise les devoirs et les obligations. Regardez cette loi, ce qu’elle dit, regardez les agissements de l’ancien président et faites-vous votre propre opinion sur la responsabilité des actes. »

L’argument de la “persécution” rejeté

Dans sa tribune, Joseph Kabila accuse le pouvoir Tshisekedi d’avoir affaibli l’armée en procédant à des arrestations massives dans les rangs supérieurs des FARDC, qu’il assimile à une “purge politique”. Une affirmation balayée par Muyaya : « J’ai vu qu’on a parlé de persécution des militaires. De quoi on parle ? Vous tous êtes témoins des efforts consentis par le président de la République et le gouvernement pour mettre à la disposition de nos forces armées ce qu’il faut pour faire face à l’ennemi. »

Et de préciser : « Lorsqu’on constate qu’il n’y a pas de résultats escomptés alors que les moyens ont été mis à disposition, comment voulez-vous parler de persécution lorsque la justice fonctionne ? Si les fonds ont été détournés, et s’il y a une volonté du gouvernement de faire que la justice vienne rétablir les faits à charge ou à décharge, cela ne doit nullement être récupéré politiquement. »

Pour Kinshasa, la sortie de Joseph Kabila n’est pas une mise en garde patriotique mais une tentative de brouiller les pistes au moment où son procès s’accélère. « Vous ne pouvez pas tuer, déplacer des millions, puis venir jouer au sage qui appelle au dialogue », a martelé Jacquemain Shabani.

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