Les médecins congolais tirent la sonnette d’alarme. Leur syndicat affirme que son leader, Ruben Mufuta Tshiakampa, est désormais pourchassé par les services de sécurité. Au cœur du bras de fer avec le gouvernement : la question sensible des salaires, des conditions de travail et des pratiques opaques dans le recrutement des jeunes médecins. Une escalade qui fait craindre une dérive répressive contre le mouvement syndical.
Le climat social dans le secteur médical congolais s’alourdit de jour en jour. Le syndicat national des chirurgiens dentistes du Congo (SYMEDEC) a lancé, mardi 16 septembre, une alerte nationale et internationale sur les menaces visant ses dirigeants. Selon ses responsables, son secrétaire général adjoint, Ruben Mufuta Tshiakampa, est activement recherché par des individus se présentant comme des agents des services de sécurité.
À l’origine de cette crispation, une querelle persistante autour de la rémunération et des conditions de travail des médecins. Depuis plusieurs mois, le syndicat reproche au gouvernement d’avoir multiplié les promesses sans jamais les tenir. « Les engagements pris sur l’augmentation salariale et l’amélioration des conditions de travail sont restés lettre morte », confie une source syndicale.
Le débat sur la question fait apparaître des analyses favorables au gouvernement, accusant le syndicat d’avoir « intoxiqué » les praticiens et d’avoir orchestré des mouvements de grève paralysant les structures hospitalières. Une accusation que rejette fermement le SYMEDEC, qui revendique le droit à l’action syndicale et dénonce une volonté manifeste de briser toute contestation.
Un autre sujet de discorde alimente la méfiance : le mécanisme imposé aux jeunes médecins lors de leur recrutement. D’après plusieurs témoignages recueillis par le syndicat, les nouveaux engagés seraient contraints d’accepter six mois sans salaire, sous peine de voir leur intégration bloquée. Des fonds qui seraient ensuite détournés, impliquant, selon le syndicat, certains agents bancaires et des acteurs internes au système médical.
« Nous refusons de cautionner un dispositif corrompu qui sacrifie les jeunes médecins et compromet l’avenir du système de santé », tranche un cadre du SYMEDEC.
Alors que la tension monte, le syndicat appelle les autorités à mettre fin aux poursuites judiciaires contre ses dirigeants et à garantir la liberté syndicale. L’affaire Ruben Mufuta Tshiakampa, désormais considéré comme fugitif, risque de devenir le symbole de la confrontation croissante entre l’État et le mouvement médical.
La communauté médicale redoute que cette spirale de défiance ne fragilise encore davantage un système de santé déjà éprouvé par des moyens limités, des hôpitaux sous-équipés et une démotivation généralisée du personnel soignant.
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