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25 octobre, 2026 - 12:54:32
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Ewanga sur Kamerhe : « Il devrait envisager de rendre rapidement le tablier » [Interview]

Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, se retrouve à nouveau sous le feu des critiques. Une commission spéciale examine les pétitions contre lui et quatre membres de son bureau. Jean Bertrand Ewanga, président du Front Citoyen pour la République (FPR) et ancien lieutenant de Kamerhe, juge cette crise révélatrice d’un choix personnel et d’une leçon que l’homme politique n’aurait pas tirée de son passé. Dans cet entretien exclusif, Ewanga revient sur le parcours de Kamerhe, ses décisions controversées et la nécessité pour lui de se confronter à sa conscience. Tout en dénonçant les spéculations sur un prétendu abandon par le chef de l’État, il rappelle que le FCR reste pleinement engagé aux côtés de Félix Tshisekedi. Entre équilibre des institutions, guerre à l’Est et actions sur le terrain, le parti veut affirmer sa présence et contribuer activement à la stabilité et au développement du pays.

Interview

Infos27 : Mise en place d’une commission spéciale pour examiner les pétitions contre le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. Et il y a quatre autres membres de son bureau. Vous êtes un ancien parlementaire, vous avez passé beaucoup de temps à l’Assemblée nationale. Comment analysez-vous cette situation et est-ce une évidence que Vital Kamerhe, qui fait partie du présidium de l’Union sacrée, n’a plus le soutien de ses pairs ?

Jean Bertrand Ewanga : La situation de Vital Kamerhe peut, à un moment, devenir un véritable cauchemar. Je le dis en tant que l’un de ses premiers lieutenants, avec mon collègue Lubaya. Nous l’avons soutenu et avons même démissionné de l’Assemblée nationale pour appuyer Vital Kamerhe, sous le régime Kabila. Nous avions admiré son courage lorsqu’il a dit « niet » à l’arrivée de l’armée rwandaise dans notre pays pour la chasse des FDLR. La sympathie nationale était alors à son comble, car il incarnait le digne fils du pays. Nous l’avons accompagné à travers le pays pour faire passer son message. À cette époque, il avait démissionné dans des conditions difficiles. Bravo à lui.

Mais cette fois-ci, avec le président Félix Tshisekedi, ils ont aussi mené campagne dans le cadre de CACH. Et quelle a été notre surprise ! J’avais déjà rappelé que nous avions démissionné de l’Assemblé nationale, et moi-même, j’ai fait un an de prison à Makala pour défendre les idées de Vital Kamerhe, lorsque j’étais secrétaire général de l’UNC. Aujourd’hui, dans des circonstances presque similaires, Vital Kamerhe se retrouve à nouveau confronté à son destin.

Comment un homme aussi intelligent que lui, professeur d’université aujourd’hui, peut-il retomber dans le même piège ? Il y a là une question personnelle. Même nous, qui l’avons soutenu, nous nous interrogeons : qu’est-ce qui lui arrive ? Il a connu les conséquences, il a tiré des leçons. Pourquoi revenir dans le même piège ? C’est à lui seul de répondre.

Le chef de l’État, lui, a montré la grandeur de son esprit : il est tombé dans le trou, a été repêché, est devenu vice-Premier ministre, et nous avons applaudi. Il a repris le règne de l’Assemblée nationale. Mais pourquoi Vital Kamerhe accepte-t-il de retomber dans le même piège ? C’est une équation personnelle. Aujourd’hui, face à une pétition, c’est normal : c’est une prérogative des députés selon le règlement intérieur. Récemment, le chef de l’État a réuni les acteurs interinstitutionnels et les a appelés au calme. Mais il ne peut pas s’ingérer dans la gestion d’une institution.

Infos27 : C’est là toute la question. Certains accusent le chef de l’État de se tenir à l’écart. Est-ce une position logique dans une dynamique démocratique ?

Jean-Bertrand Ewanga : C’est une position logique. Le chef de l’État ne peut pas s’occuper de cette question, sinon ce serait une violation qui poserait de graves problèmes pour l’avenir de notre démocratie.

Infos27 : Do