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Kinshasa
14 mai, 2026 - 21:38:18
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Forum des droits humains : le Gouvernement réaffirme sa volonté de protéger les droits fondamentaux

Kinshasa a placé les droits humains au cœur de l’agenda national. La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a ouvert, jeudi 9 octobre, la première édition du Forum national des droits humains, au Palais du Peuple, représentant le Chef de l’État Félix Tshisekedi. Les travaux rassemblent les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, la magistrature ainsi que de nombreux acteurs de la société civile, autour d’un objectif clair : faire des droits fondamentaux un pilier de la gouvernance et du développement. L’événement vise à transformer les principes universels des droits humains en actions concrètes, en s’appuyant sur trois axes : la mémoire des génocides, la mise en œuvre de la justice transitionnelle et le plaidoyer pour la reconnaissance internationale du Génocost. Pour le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, ce forum constitue à la fois un lieu de dialogue et un outil stratégique pour définir des recommandations claires et durables, renforçant la cohésion nationale et l’État de droit.

Le Palais du Peuple a servi de cadre, jeudi, à l’ouverture officielle du premier Forum national des droits humains. La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, représentant le Chef de l’État Félix Tshisekedi, a lancé les travaux en présence des présidents des deux chambres du Parlement, de la magistrature et de nombreux acteurs de la société civile.

Dans son allocution d’ouverture, la Cheffe du Gouvernement a rappelé que « la protection et la promotion des droits humains sont au cœur de notre vision de développement et de cohésion nationale. Elles constituent le socle sur lequel repose notre aspiration à bâtir une République forte, respectée et digne de ses engagements internationaux ». Elle a insisté sur le caractère structurant de ce forum, présenté comme une plateforme inclusive d’action, de sensibilisation et de responsabilisation.

Des acquis et des chantiers prioritaires

La Première Ministre a dressé un bilan des avancées enregistrées dans le domaine des droits humains : gratuité de l’enseignement primaire, couverture santé universelle, gratuité des soins de maternité, promotion de la parité hommes-femmes, protection des personnes vivant avec handicap, et défense des droits des peuples autochtones pygmées. Elle a également mis en exergue deux chantiers prioritaires : la mise en œuvre de la justice transitionnelle et le plaidoyer pour la reconnaissance internationale du Génocost.

« La justice transitionnelle est une étape clé pour apaiser les blessures du passé, reconnaître les fautes, réparer les préjudices et instaurer une paix durable. C’est un défi de taille, mais une nécessité pour bâtir une société plus juste et respectueuse des droits de chaque citoyen », a souligné Judith Suminwa.

Encadrer le plaidoyer sur le Génocost

Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a précisé que ce forum marquait le début d’une collaboration renforcée entre pouvoirs publics et société civile. Il a rappelé les fondements universels des droits humains, citant l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « libres et égaux en dignité et en droits ». Il a dénoncé le décalage entre les textes et la réalité vécue par des millions de Congolais, victimes de violences et de conflits armés.

Sur la question sensible des génocides congolais, il a tenu à préciser : « Les chiffres ne doivent pas être laissés au bon vouloir de chacun. Seuls les services habilités sont appelés à donner les chiffres et les endroits où ont été commis les génocides dans le pays ». Cette mise au point vise à structurer et à crédibiliser le plaidoyer national et international pour la reconnaissance du Génocost, une initiative soutenue par le Chef de l’État et le Gouvernement.

Le Sénat appelle à une mobilisation citoyenne et institutionnelle

Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a salué cette dynamique : « Nous saluons les efforts du Chef de l’État pour l’appropriation nationale et la reconnaissance internationale du Génocost. Ce forum doit permettre un diagnostic lucide sur la situation des droits humains dans notre pays ».

Son homologue de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, a annoncé qu’une résolution parlementaire sera portée pour faire connaître ces crimes aux instances nationales et internationales. « Il est plus que temps que le génocide congolais ne reste pas méconnu », a-t-il affirmé.

La magistrature a également pris position. Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature, a insisté sur le rôle central de la justice : « La Constitution consacre au magistrat le rôle d’administrer une justice juste, dans le respect du prévenu et de la publicité des procès ». Pour lui, l’indépendance et la rigueur de la justice sont des piliers de la protection effective des droits humains.

Préserver la mémoire collective

Le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Paul Nsapu, a pour sa part appelé à l’adoption d’une législation spécifique pour la reconnaissance du Génocost. Il a cité les drames vécus à Mwenga, Kasika, Makobola, Kamituga, Kishishe, Tingi Tingi ou Rutshuru : « Préserver la mémoire collective, c’est rendre justice aux victimes et consolider notre avenir commun », a-t-il plaidé.

Une feuille de route pour la justice et la paix

Les travaux du forum devraient aboutir à un rapport détaillé sur l’état des droits humains en RDC et à un plan stratégique pour renforcer le plaidoyer national et international sur les crimes commis. Samuel Mbemba a exhorté les participants à « un sens élevé du patriotisme » et à formuler des recommandations concrètes pour la justice transitionnelle et la consolidation de l’État de droit.

À travers cette initiative, le Gouvernement réaffirme sa détermination à traduire les principes universels des droits humains en actions concrètes, articulées autour de trois axes : mémoire, justice et législation. Ce forum constitue ainsi un jalon important dans la construction d’une société congolaise plus juste, respectueuse des droits de chacun et fidèle à ses engagements internationaux.

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