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9 décembre, 2025 - 00:34:42
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Chine : un forum international débat des changements profonds du modèle socialiste

Face aux bouleversements géopolitiques, environnementaux et technologiques, Pékin entend offrir une lecture structurée de son modèle de développement et de sa vision de la gouvernance mondiale. Les 12 et 13 novembre, l’Académie chinoise des sciences sociales a réuni chercheurs, diplomates et experts venus de plusieurs continents pour interroger la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Un moment rare où la Chine expose, arguments à l’appui, sa stratégie écologique, son engagement climatique, son approche de la multipolarité et sa réforme du système de gouvernance mondiale. Parmi les intervenants, le journaliste Karim Badolo a livré un témoignage de terrain sur la transformation écologique observée dans les provinces chinoises. Un éclairage qui illustre les ambitions de Pékin : montrer qu’un pays en développement peut concilier croissance, sobriété carbone et coopération internationale.

À Beijing, les 12 et 13 novembre, l’Académie chinoise des sciences sociales a réuni un panel pluridisciplinaire de chercheurs et de praticiens venus d’Asie, d’Afrique et d’Europe pour un forum international consacré aux « changements inédits en un siècle » et à la gouvernance chinoise inspirée de la pensée de Xi Jinping. Sur la table : les initiatives mondiales portées par Pékin — développement, sécurité, civilisation, gouvernance — ainsi que les mutations écologiques, scientifiques et industrielles du pays.

Dans ce paysage intellectuel très codifié, l’intervention du journaliste burkinabé Karim Badolo, correspondant de CGTN Français, a apporté une dimension empirique : trois années d’observation des politiques vertes chinoises, dans les provinces comme dans les zones autonomes. « L’avenir de l’homme est lié à une cohabitation harmonieuse avec la nature », rappelle-t-il, soulignant combien la Chine a intégré la biodiversité dans sa planification économique et sociale.

La transition écologique, colonne vertébrale du discours politique chinois

Derrière les chiffres, Pékin revendique une orientation stratégique : atteindre le pic des émissions de carbone en 2030 et la neutralité en 2060. Une ambition qui se traduit déjà par des progrès mesurables. Le taux de couverture forestière : seulement 8,6 % au début de la République populaire s’élève désormais à 24,02 %, tandis que la capacité annuelle de puits de carbone dépasserait 1,2 milliard de tonnes de CO₂ équivalent, un niveau qui positionne la Chine comme un acteur climatique incontournable.

Pour les observateurs, ce volontarisme écologique est aussi un message politique. Il s’agit pour Pékin de démontrer qu’un pays en développement peut « inventer sa propre voie », en conciliant modernisation industrielle et protection de l’environnement. Une manière d’affirmer la singularité du socialisme à la chinoise.

Dans les provinces, la transition par l’exemple

Au Shanxi, longtemps symbole de l’industrie lourde, la transformation est spectaculaire. Les anciennes villes charbonnières se couvrent d’espaces verts, les infrastructures s’adaptent aux nouvelles normes environnementales et les autorités misent sur les énergies renouvelables. « La civilisation écologique n’est pas un slogan », insiste Karim Badolo, témoin de cette mutation. Loin d’une conversion cosmétique, la province réoriente son économie, son agriculture, son éducation et même ses modèles de consommation pour dessiner « une société plus verte et durable ».

Le même constat prévaut dans le Hunan, où des groupes industriels comme Sany développent désormais des camions et bétonnières 100 % électriques. Une transition industrielle qui traduit un basculement profond : la réduction de l’empreinte carbone devient un critère central de compétitivité.

Dans la recherche, l’Académie chinoise des sciences multiplie les innovations. Le professeur Liu Gongshe, figure respectée de l’Institut de botanique, a consacré plus de trente ans au développement de l’« herbe à mouton Zhongke », utilisée à la fois pour lutter contre la désertification et pour nourrir le bétail. Une avancée déjà éprouvée dans les provinces du Gansu, du Jilin et en Mongolie intérieure.

Mongolie intérieure : laboratoire d’une écologie intégrale

Dans cette vaste région autonome, les prairies protégées, les rivières mises sous surveillance écologique et les programmes de tourisme vert incarnent la philosophie avancée par Xi Jinping : « Les rivières limpides et les montagnes verdoyantes constituent une richesse inestimable. »

Le district d’Ulagai applique ce principe à la lettre : agriculture haut de gamme, énergie propre et tourisme écologique y composent un modèle de développement équilibré. Plus au nord-est, la ville d’Arxan, appuyée sur un géoparc mondial de l’UNESCO, développe une zone pilote de puits de carbone, articulant propriété des parcelles, mesure des émissions et marché du carbone. Une forme de laboratoire chinois pour la transition globale.

Une diplomatie verte tournée vers le Sud global

Le forum n’a pas seulement mis en lumière la politique intérieure chinoise. Pékin a rappelé son ambition d’élargir son action au-delà de ses frontières, notamment en direction de l’Afrique. Lors du dernier Sommet du FOCAC, la Chine s’est engagée à lancer trente projets d’énergie propre sur le continent, à renforcer les systèmes d’alerte météorologique, à développer des laboratoires conjoints et à coopérer dans la télédétection et la recherche spatiale. Une offre qui se veut structurante : « donner un filet et non du poisson ».

La première centrale photovoltaïque de la République centrafricaine, construite avec l’appui de la Chine, illustre cette diplomatie du développement vert, qui vise à réduire la fracture énergétique d’un continent où plus de 80 % de la population privée d’électricité vit en Afrique subsaharienne.

Une projection mondiale assumée

À travers ce forum, Pékin expose une ambition : devenir l’un des moteurs de la réforme du système de gouvernance mondiale, en l’orientant vers davantage de coopération, de multipolarité et de développement durable. La Chine entend ainsi montrer que la transition écologique peut s’écrire différemment, loin des modèles occidentaux, mais avec une portée universelle.

De Shanxi aux prairies de Mongolie intérieure, des entreprises industrielles aux laboratoires scientifiques, l’histoire du développement vert chinois continue de s’écrire. Pour Pékin, elle constitue désormais l’un des piliers de sa légitimité internationale — et un message adressé à un monde en quête de stabilité, d’équilibre et d’avenir.

Infos27 avec cgtn.com

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