Ils ont moins de trente ans, mais portent sur leurs épaules trois décennies de violences, de déplacements forcés et de crises à répétition. À Kinshasa, devant les autorités académiques de l’Académie des Beaux-Arts et sous le parrainage de l’Ambassade de Belgique, sept jeunes photojournalistes de Goma ont inauguré l’exposition « SÛR-VIVRE », un récit visuel puissant sur la survie, la dignité et la quête de sécurité dans l’Est de la RDC. Loin du sensationnalisme, leurs images racontent la vie quotidienne dans des zones broyées par la résurgence du M23-AFC, l’effondrement des protections civiles et la fragilité persistante de l’État. En invitant le public kinoise à se confronter à ces scènes réelles : exils précipités, gestes de solidarité, paysages d’une ville martyrisée, l’exposition devient un espace de mémoire et de conscience collective. Pour cette jeunesse qui refuse la fatalité, photographier revient à « veiller » : dire « je suis là, je vois et je témoigne ».
« Survivre », « sûreté », « sécurité » : à Goma, ces mots ne sont ni des concepts ni des slogans, mais une géographie intime façonnée par trente ans de conflits armés. L’exposition « SÛRVIVRE », présentée à Kinshasa, s’ouvre sur cette tension fondamentale, entre le droit de vivre en paix et la nécessité, quotidienne, de survivre. Les jeunes artistes y plongent sans détour le public : leurs récits visuels captent des instants d’urgence, des scènes de fuite, mais aussi des fragments de beauté, de solidarité, de résistance.
Tous ont moins de trente ans, mais tous ont grandi avec la guerre comme horizon. Leur imaginaire, leur langue visuelle, leurs histoires personnelles sont indissociables de ce contexte. À travers Tumaini, un projet collaboratif initié par Efotho, Cité de l’Image, ils documentent depuis 2021 les conséquences humaines de la résurgence du M23-AFC dans le Nord-Kivu. Leur démarche n’est pas de dénoncer frontalement : elle consiste à témoigner avec justesse, en offrant un regard sensible, parfois poétique, toujours lucide.
Entre images et politique : « une région engloutie par les conflits »


