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Discours du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi sur l’Etat de la nation

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, SUR L’ETAT DE LA NATION

Palais du Peuple

Kinshasa, 08 Décembre 2025

Honorable Président de l’Assemblée Nationale ;

Honorable Président du Sénat ;

Honorables Députés nationaux et Sénateurs ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Mes très chers compatriotes,

Conformément à l’article 77 de notre Constitution, j’ai l’honneur et le devoir de me présenter devant vous, représentants du peuple souverain, pour adresser à la Nation ce message annuel sur l’état de notre pays.

Le 20 janvier 2024, au moment où je renouvelais, devant la Nation, le serment de servir la République Démocratique du Congo pour un second mandat, j’ai soumis mon quinquennat au respect de six engagements fondamentaux devant notre Peuple. Depuis, c’est à la lumière desdits engagements que se conçoivent, jour après jour, les orientations majeures de l’action de l’État.

C’est donc en toute solennité et pleinement conscient de cette continuité que je m’adresse à vous aujourd’hui, pour dresser le bilan de l’année 2025. Cet exercice n’est pas une simple formalité institutionnelle pour moi. C’est un rendez-vous de vérité, de redevabilité et d’espérance.

Vérité sur ce que nous avons traversé, vérité sur ce que nous avons accompli, vérité sur ce qui reste à accomplir.

Redevabilité envers notre peuple, qui a le droit de savoir dans quelle direction va la République.

Espérance, enfin, parce que malgré les épreuves, nous demeurons debout, résolument tournés vers l’avenir.

Mes très chers compatriotes,

Loin d’être une parenthèse dans notre histoire récente, l’année 2025 aura vu l’Est de notre pays plongé dans l’une des périodes les plus sombres de ces dernières décennies. Dès les premiers mois, la coalition AFC/M23, bénéficiant du soutien direct de l’armée rwandaise, a déclenché une nouvelle offensive d’envergure, s’emparant notamment de Goma et de Bukavu, et étendant son emprise de terreur sur de vastes portions des provinces du Nord et du Sud-Kivu.

Cette surenchère militaire s’inscrivait dans une logique bien connue : une entreprise organisée de prédation de nos ressources naturelles et de déstabilisation de nos institutions, qui s’est accompagnée de violations graves et systématiques des droits humains : exécutions sommaires des civils innocents, violences sexuelles érigées en méthode de combat et déplacements forcés de communautés entières arrachées à leurs terres.

Dans le même temps, d’autres groupes armés ont continué de répandre la mort et la désolation, en particulier en Ituri, où nos compatriotes demeurent prisonniers d’un cycle de violences attisé par des milices locales et étrangères.

Qu’on ne s’y trompe pas : nous ne sommes ni face à un simple conflit communautaire, ni devant une rébellion interne de plus. Il s’agit d’une guerre d’agression par procuration visant à contester notre souveraineté sur un espace hautement stratégique, riche en minerais critiques et en potentialités économiques déterminantes pour l’avenir de notre Nation.

Face à cette agression, notre légitime riposte a été à la fois militaire, institutionnelle et diplomatique.

Sur le terrain, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, appuyées par la Police nationale, les services de sécurité ainsi que les patriotes Wazalendo, ont opposé une résistance farouche à l’agresseur ainsi qu’à ses supplétifs. Elles ont contenu plusieurs offensives majeures de l’ennemi, stabilisé des axes vitaux, sécurisé des agglomérations stratégiques et protégé des corridors humanitaires. Dans des conditions logistiques, opérationnelles et humaines souvent extrêmement difficiles, nos forces ont démontré un courage et un patriotisme qui forcent le respect et l’admiration.

Permettez-moi, avant de poursuivre, de m’incliner avec vous, devant la mémoire de toutes les victimes des conflits et des violences qui ont, encore cette année, endeuillé nos familles, particulièrement à l’Est de la République. À leurs proches, j’exprime, au nom de la Nation tout entière, notre compassion la plus profonde. À celles et ceux qui portent encore les stigmates de ces drames – blessés, déplacés, populations contraintes à la peur et à l’errance – je veux dire : votre souffrance ne nous est ni étrangère ni indifférente ; l’État est, et, restera à vos côtés.

Je tiens, dans le même élan, à saluer avec respect et reconnaissance nos Forces de défense et de sécurité, ainsi que les patriotes Wazalendo, qui, au prix de sacrifices considérables, veillent sur nos frontières et protègent nos communautés. Par leur bravoure, ils incarnent, au quotidien, la résistance de notre peuple. La République leur est redevable,