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Kinshasa
7 février, 2026 - 23:56:04
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Le député national Kasanda Katuala dénonce l’inaction face aux érosions à Ngaliema 

Les ravins avancent plus vite que les bulldozers. À Ngaliema, où les têtes d’érosion dévorent rues, maisons et espoirs, l’urgence n’est plus une préoccupation technique mais une question de survie collective. Dans un entretien exclusif accordé à Infos27, le député national Kasanda Katuala Olivier interpelle frontalement le gouvernement. L’élu de Lukunga dénonce une « passivité » qui laisse des familles à la merci des pluies et d’un sous-sol qui s’effondre. Sans nier les initiatives déjà lancées par le ministre des Infrastructures, il juge qu’elles demeurent largement insuffisantes au regard de la gravité de la crise. Une insuffisance qui le contraint à sommer l’État d’accélérer, de sécuriser et de reloger, avant que Ngaliema ne perde davantage que ses routes : la confiance de ses habitants.

Interview exclusive 

Infos27 (I27) : Honorable Kasanda Katuala Olivier, député national élu de Kinshasa/Lukunga. Merci d’avoir accepté cet entretien. Vous envisagez de déposer une question orale avec débat à l’Assemblée nationale au sujet des têtes d’érosion qui ravagent la commune de Ngaliema. Qu’est-ce qui motive cette démarche que vous qualifiez d’urgente ?

Honorable Kasanda Katuala Olivier (OKK): En tant qu’élu de Lukunga, je représente des citoyens de ma circonscription, qui souffrent quotidiennement de ces catastrophes environnementales. La progression des têtes d’érosion, comme celle au quartier Pigeon entre les avenues Budjala et Luwawu, menace de diviser des quartiers entiers et de laisser des familles sans abri. C’est une urgence humanitaire qui touche même des zones résidentielles, y compris la mienne en tant qu’élu. Face à cela, la perception d’une certaine passivité du gouvernement, particulièrement du Ministère des ITP, m’oblige à agir pour exiger des réponses concrètes et protéger nos administrés.

I27 : Vous évoquez des sites érosifs « très dangereux et toujours laissés sans prise en charge ». Pouvez-vous nous décrire ces zones les plus critiques et expliquer concrètement quels risques elles font peser sur les habitants ?

OKK : Absolument. Parmi les sites les plus alarmants, il y a l’érosion de Binza-Pigeon sur l’avenue Budjala, qui avance sans frein. À Ngomba-Kikusa, sept têtes d’érosion à Bwadi-Masisi risquent d’effacer une cité entière, avec des glissements de terrain qui ont déjà détruit des infrastructures vitales. Sur l’avenue Maluti, en direction du camp Badiading, les riverains attendent en vain les travaux promis par l’OVD pour décembre, mais rien n’a bougé. À l’avenue Notable au quartier Bumba (à Sanga-Mamba), l’érosion se propage dans deux directions : vers la nouvelle route Nzolana et vers l’UPN via l’avenue Haut-Congo. Enfin, sur l’avenue Haut-Congo à Top-Top, plus de 30 maisons ont été emportées, et l’érosion menace maintenant l’église La Restauration. Ces situations laissent des familles démunies, sans biens ni toît, et compromettent la sécurité de toute la commune. C’est inacceptable que ces alertes restent sans suite adéquate.

I27 : Que dire alors des efforts fournis récemment par le Ministère des ITP, notamment les travaux sur l’avenue Nzolana ou la mission menée à Djelo Binza ? Ces interventions ne contredisent-elles pas votre accusation de passivité ?

OKK : Pas du tout. Je salue les initiatives positives, telles que les évaluations avec l’ACGT, le projet de 20 mois lancé en juin dernier, la construction de caniveaux à Bumba en mars, ou la sanctuarisation de la baie de Ngaliema en juin dernier contre l’urbanisation illégale. Ces étapes montrent une intention d’agir depuis la prise de fonctions du Ministre Banza Lunda en août 2025. Cependant, elles restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. Les promesses non tenues, comme celles de l’OVD, et la lenteur perçue dans l’exécution créent une impression d’indifférence. Pourquoi ces sites critiques ne sont-ils pas priorisés ? C’est cette disparité entre les annonces et les actes qui m’inquiète et justifie ma démarche ferme.

I27 : Quelles réponses attendez-vous précisément du ministre des ITP, et quelles suites envisagez-vous si celles-ci ne s’avèrent pas satisfaisantes ?

OKK : J’attends des engagements clairs : des mesures immédiates pour stopper ces érosions, un calendrier accéléré des travaux malgré les pluies diluviennes annoncées, un plan de relogement et d’indemnisation pour les sinistrés (y compris les victimes des 30 maisons perdues à Top-Top et celles de Binza-Pigeon), un budget détaillé pour Ngaliema, et des assurances contre cette passivité perçue pour des résultats d’ici fin juin 2026. Si les réponses sont évasives, le débat à l’Assemblée permettra de pousser pour des mesures contraignantes. Le peuple de Ngaliema mérite mieux qu’une indifférence qui frise la négligence ; nous devons agir pour prévenir une catastrophe plus grande.

I27 : Que diriez-vous, en guise de mot de la fin, aux autorités et aux habitants touchés par cette situation ?

OKK : Aux autorités, particulièrement au Ministre des ITP : passez des évaluations aux actions tangibles ; la confiance des citoyens en dépend. Aux riverains de Ngaliema : sachez que votre élu est à vos côtés. Merci.

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