77.38 F
Kinshasa
10 mars, 2026 - 22:56:28
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSécurité

Face à une confrontation qui s’étend bien au-delà du front militaire… Agression rwandaise : Nzanga Mobutu sonne l’alerte contre la guerre de l’information

L’Est de la République démocratique du Congo, meurtri par près de trois décennies de conflits, voit aujourd’hui émerger une autre ligne de front : celle des récits, des perceptions et de la bataille globale pour la légitimité. Dans un message résolument politique, Nzanga Mobutu, fils du Maréchal et ancien vice-Premier ministre, appelle les Congolais à un sursaut collectif pour défendre le pays « aussi sur le terrain des idées ». À ses yeux, la menace n’est plus seulement militaire : elle est cognitive, numérique et internationale. Rappelant le « tribut extrêmement lourd » payé en 1996-1997 et la manière dont le Rwanda avait alors « remporté la guerre de la communication », il enjoint les Congolais, en particulier les jeunes actifs en ligne, à une vigilance accrue face à la désinformation. L’heure, affirme-t-il, est à la reconquête du récit national et à la cohésion intérieure, seules garanties pour que l’histoire ne « se répète » pas.

Dans un contexte d’escalade persistante entre les FARDC et les combattants du M23 soutenus par le Rwanda, Nzanga Mobutu a choisi de sortir de sa réserve. Dans une déclaration diffusée ce week-end, l’ancien vice-Premier ministre s’est adressé directement aux Congolais pour appeler à « un éveil national » et à la défense du pays « aussi sur le terrain des idées, là où se construisent les perceptions et les légitimités ».

Fils du Maréchal Mobutu Sese Seko, il ancre son propos dans la mémoire collective. « Nous n’avons pas le droit de laisser l’histoire se répéter », insiste-t-il, évoquant sans détour les années 1996-1997 et le « tribut extrêmement lourd » payé par le Zaïre lors de l’effondrement du régime. Selon lui, le Rwanda avait alors « remporté la guerre de la communication », imposant à l’international une grille de lecture défavorable à Kinshasa.

Une bataille politique et informationnelle qui s’intensifie

Pour Nzanga Mobutu, la confrontation avec Kigali ne se limite plus aux terrains militaire et diplomatique. « Elle se joue désormais dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux », prévient-il, pointant la montée des campagnes numériques qui façonnent l’opinion mondiale. Dans un paysage saturé de contenus, il met en garde contre « la désinformation, arme silencieuse mais redoutable ».

Le message s’adresse particulièrement aux jeunes, dont la présence sur les plateformes numériques est devenue un levier décisif. « Je demande à tous mes compatriotes, surtout les jeunes actifs en ligne, d’être vigilants », exhorte-t-il, invitant chacun à vérifier, contextualiser et questionner les contenus partagés. L’enjeu, selon lui, est la « maîtrise de notre récit national » et le refus que d’autres « parlent à notre place ou nous opposent ».

Au-delà de l’alerte, Nzanga Mobutu esquisse les contours d’un patriotisme renouvelé, fondé sur la conscience historique, la lucidité collective et l’unité nationale. « La souveraineté ne se protège pas seulement par les armes, mais aussi par la conscience », rappelle-t-il, dans une formule qui résonne avec l’actualité brûlante dans l’Est.

Pour Kinshasa, engagée à la fois dans une bataille militaire et dans une lutte narrative globale, cette prise de position ambitionne de replacer la question informationnelle au cœur de la stratégie nationale.

Infos27/Parole écrite

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus