L’Est de la République démocratique du Congo, meurtri par près de trois décennies de conflits, voit aujourd’hui émerger une autre ligne de front : celle des récits, des perceptions et de la bataille globale pour la légitimité. Dans un message résolument politique, Nzanga Mobutu, fils du Maréchal et ancien vice-Premier ministre, appelle les Congolais à un sursaut collectif pour défendre le pays « aussi sur le terrain des idées ». À ses yeux, la menace n’est plus seulement militaire : elle est cognitive, numérique et internationale. Rappelant le « tribut extrêmement lourd » payé en 1996-1997 et la manière dont le Rwanda avait alors « remporté la guerre de la communication », il enjoint les Congolais, en particulier les jeunes actifs en ligne, à une vigilance accrue face à la désinformation. L’heure, affirme-t-il, est à la reconquête du récit national et à la cohésion intérieure, seules garanties pour que l’histoire ne « se répète » pas.
Dans un contexte d’escalade persistante entre les FARDC et les combattants du M23 soutenus par le Rwanda, Nzanga Mobutu a choisi de sortir de sa réserve. Dans une déclaration diffusée ce week-end, l’ancien vice-Premier ministre s’est adressé directement aux Congolais pour appeler à « un éveil national » et à la défense du pays « aussi sur le terrain des idées, là où se construisent les perceptions et les légitimités ».
Fils du Maréchal Mobutu Sese Seko, il ancre son propos dans la mémoire collective. « Nous n’avons pas le droit de laisser l’histoire se répéter », insiste-t-il, évoquant sans détour les années 1996-1997 et le « tribut extrêmement lourd » payé par le Zaïre lors de l’effondrement du régime. Selon lui, le Rwanda avait alors « remporté la guerre de la communication », imposant à l’international une grille de lecture défavorable à Kinshasa.
Une bataille politique et informationnelle qui s’intensifie
Pour Nzanga Mobutu, la confrontation avec Kigali ne se limite plus aux terrains militaire et diplomatique. « Elle se joue désormais dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux », prévient-il, pointant la montée des campagnes numériques qui façonnent l’opinion mondiale. Dans un paysage saturé de contenus, il met en garde contre « la désinformation, arme silencieuse mais redoutable ».
Le message s’adresse particulièrement aux jeunes, dont la présence sur les plateformes numériques est devenue un levier décisif. « Je demande à tous mes compatriotes, surtout les jeunes actifs en ligne, d’être vigilants », exhorte-t-il, invitant chacun à vérifier, contextualiser et questionner les contenus partagés. L’enjeu, selon lui, est la « maîtrise de notre récit national » et le refus que d’autres « parlent à notre place ou nous opposent ».
Au-delà de l’alerte, Nzanga Mobutu esquisse les contours d’un patriotisme renouvelé, fondé sur la conscience historique, la lucidité collective et l’unité nationale. « La souveraineté ne se protège pas seulement par les armes, mais aussi par la conscience », rappelle-t-il, dans une formule qui résonne avec l’actualité brûlante dans l’Est.
Pour Kinshasa, engagée à la fois dans une bataille militaire et dans une lutte narrative globale, cette prise de position ambitionne de replacer la question informationnelle au cœur de la stratégie nationale.
Infos27/Parole écrite

