Ce qui est une guerre pour le peuple congolais, une guerre sanglante, dévastatrice, existentielle, n’en est pas une pour les puissances qui nous entourent de leurs discours et de leurs protocoles. Pour les États-Unis comme pour Kigali, ce conflit n’est pas un drame humain, mais un calcul stratégique. Un moyen de pression. Une opportunité d’enrichissement. Pendant que les Congolais enterrent leurs morts et voient leur sol s’effriter sous les bottes étrangères, d’autres y voient une bourse minérale à ciel ouvert.
Les accords de Washington, malgré leur apparence diplomatique, ne suffiront pas à arrêter une guerre que les Américains ne reconnaissent même pas comme telle. Ils n’ont pas de troupes sur notre sol. Ils n’ont pas de cercueils à rapatrier. Pour eux, il ne s’agit pas d’un conflit qui mérite une mobilisation urgente, mais d’un dossier parmi tant d’autres sur la scène géostratégique mondiale. Quant à Kigali, cette guerre leur offre un levier. Soutenus tacitement, parfois ouvertement, par des puissances qui ferment les yeux, ils avancent, grignotent, s’installent. Leur but est clair : annexer, morceler, contrôler. La balkanisation est leur projet. Le pillage est leur méthode. Et l’indifférence internationale, leur meilleur complice.
Face à cela, le gouvernement congolais ne peut plus continuer à gouverner comme en temps de paix. Il est temps de faire la trêve des avantages, la trêve des privilèges, la trêve des conforts institutionnels. Nous devons concentrer toutes nos ressources, toute notre énergie, toute notre intelligence sur un seul objectif : défendre le territoire national, protéger nos populations, restaurer notre souveraineté.
Ce combat est le nôtre. N’attendons pas que d’autres le livrent à notre place. L’histoire ne pardonnera ni l’inaction, ni l’aveuglement, ni la soumission.
Concernant le Président criminel du Rwanda, car il faut être clair : un homme comme Paul Kagame, sans le feu vert ou du moins la tolérance silencieuse de certaines puissances occidentales, n’aurait pas eu cette audace. Il ne franchirait pas les lignes rouges en toute impunité. Il ne tiendrait pas tête à l’ONU, à l’UA, à la SADC, à la CIRGL, et encore moins à Washington, s’il n’était pas couvert. Cette prétendue désobéissance de Kigali n’est qu’un jeu d’ombres. Les vraies mains, elles, sont ailleurs.
Il faut une mobilisation nationale, un sursaut. C’est le moment de concentrer tous les moyens sur la Défense, la Sécurité, la Stabilité. Le Congo ne sera sauvé ni par les sommets internationaux ni par les communiqués de presse, mais par la fermeté, la lucidité et le patriotisme actif.
Nous n’avons plus le droit de rêver. Le temps est à la résistance, à l’organisation, à la reconquête.
Les Congolais doivent ouvrir les yeux. Si le président Trump peut encourager l’Ukraine à céder une partie de son territoire à la Russie au nom du pragmatisme géopolitique, alors il ne se gênerait pas d’adopter la même logique face à la RDC. Pour lui, l’intégrité territoriale peut être négociable si cela sert des intérêts plus grands. Surtout que les frontières sont faites par les hommes. Notre peuple doit comprendre qu’aucun sauveur ne viendra de l’extérieur. Il est temps de renforcer notre unité nationale, notre armée et notre conscience historique. Le danger est réel, et l’histoire ne pardonnera pas l’aveuglement.
Vive la République,
Vive la RDC.
Henry MUTOMBO MIKENYI
Écrivain et Chercheur en fiscalité. Acteur politique.

