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11 mars, 2026 - 00:05:35
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Partenariat RDC–USA : la paix comme socle, l’investissement comme levier

Le signal est politique et adressé autant aux investisseurs qu’aux chancelleries. En ouvrant à Kinshasa une Journée de réflexion de haut niveau consacrée au partenariat RDC–États-Unis, le gouvernement de Judith Suminwa Tuluka ne se contente pas de prolonger les Accords de Washington : il en organise la traduction économique. À l’heure où la stabilité régionale redevient un enjeu central et où la concurrence des puissances se joue aussi sur les terrains de l’investissement et des chaînes de valeur, la RDC entend se positionner comme un partenaire crédible, réformateur et stratégiquement incontournable. Sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi, cette séquence marque une inflexion : faire de la paix, de la réforme et de l’investissement privé responsable les trois piliers d’une relation renouvelée avec Washington. Le message est clair : la RDC ne sollicite plus seulement l’appui politique des États-Unis, elle revendique une alliance économique structurante, tournée vers l’emploi, la transformation locale et l’intégration régionale.

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a ouvert, jeudi 18 décembre 2025 à Kinshasa, la Journée de réflexion de haut niveau organisée par la Chambre de commerce américaine en RDC (AmCham), en collaboration avec l’ambassade des États-Unis. Placée sous le thème « Partenariat RDC–USA : défis, opportunités et nouvelles dynamiques d’investissement », la rencontre s’inscrit dans le prolongement direct du Forum économique et d’investissement USA–RDC tenu à Washington en octobre dernier.

Cette initiative vise à donner une suite opérationnelle aux engagements pris entre Kinshasa et Washington, en mettant l’accent sur le rôle du secteur privé comme moteur de croissance inclusive et durable.

L’investissement privé, pierre angulaire d’un partenariat assumé

Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a rappelé que la relation entre la RDC et les États-Unis repose désormais sur une conviction partagée : sans investissement privé structuré et responsable, aucune transformation économique durable n’est possible.

« Attirer les investisseurs américains signifie offrir un environnement stable, prévisible, conforme aux standards internationaux et orienté vers des résultats mesurables », a déclaré Judith Suminwa, soulignant la volonté de son gouvernement de sécuriser l’environnement des affaires.

La Première ministre a réaffirmé la détermination de l’exécutif à poursuivre les réformes structurelles engagées, notamment en matière de stabilité macroéconomique, de gouvernance, de lutte contre la corruption et d’amélioration du climat des affaires. Elle a également insisté sur l’institutionnalisation d’un dialogue public-privé permanent, présenté comme un outil central de crédibilité économique.

La paix comme signal économique

Abordant la dimension sécuritaire, Judith Suminwa a salué la signature récente, à Washington D.C., de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, sous l’impulsion du président américain Donald Trump. Un accord qu’elle a qualifié de « signal fort pour les investisseurs », estimant qu’il ouvre la voie à une stabilisation durable de l’Est du pays et de la région des Grands Lacs.

Cette région, a-t-elle rappelé, représente un marché de près de 250 millions de consommateurs. « La paix n’est pas seulement un impératif politique ; elle est une condition préalable à l’investissement et à l’intégration économique régionale », a-t-elle souligné.

L’AmCham et Washington appellent à concrétiser

Prenant la parole, le représentant de l’AmCham, Yannick Sukamunu, a appelé à transformer cette séquence politique en opportunités économiques tangibles.

« La paix ouvre une nouvelle ère faite d’espoir, mais aussi de responsabilité. Elle doit devenir le socle du développement économique, de la création d’emplois et de l’attractivité des investissements étrangers », a-t-il déclaré.

De son côté, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a réaffirmé la confiance de Washington dans le potentiel congolais. « La RDC peut devenir une destination attractive pour les investisseurs privés. Ces entreprises contribueront à créer des emplois pour la jeunesse et à soutenir l’investissement dans le capital humain », a-t-elle affirmé, évoquant l’intégration du pays dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Une cohérence avec le Programme d’actions 2024–2028

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans le Programme d’actions du gouvernement 2024–2028, qui fait de la diversification économique, de la transformation locale, de la création massive d’emplois et des partenariats stratégiques internationaux des priorités centrales. Les secteurs minier, énergétique, agricole, industriel et numérique sont au cœur de cette ambition.

Les travaux de la journée, enrichis par les interventions des ministres du Plan, des Finances et de l’Économie numérique, ainsi que des représentants du secteur privé, dont la Fédération des entreprises du Congo (FEC), traduisent une orientation claire : faire du partenariat RDC–États-Unis un levier structurant du développement congolais, au-delà des déclarations de principe.

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