La deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique s’ouvre ce vendredi 19 décembre au Caire, réunissant les chefs de la diplomatie russe et africaine dans un moment de forte densité géopolitique. Pour la première fois depuis la création du Forum en 2019, cette rencontre de deux jours se tient sur le continent africain, un choix que Moscou revendique comme éminemment politique. « Nous nous félicitons que cette conférence ait lieu en Afrique, conformément au souhait exprimé par nos partenaires », souligne Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. L’événement intervient dans un contexte international marqué par la fragmentation des alliances traditionnelles, la remise en cause de l’ordre libéral occidental et l’affirmation croissante des puissances du Sud. Pour la Russie, l’Afrique n’est plus un simple espace d’influence périphérique, mais un acteur central de la recomposition du monde.
Dans son texte, Sergueï Lavrov inscrit résolument le partenariat russo-africain dans la longue durée. « Nos amis africains se souviennent que notre pays, alors l’Union soviétique, a soutenu leur aspiration à se libérer du joug de la dépendance coloniale », écrit-il, rappelant le rôle déterminant de Moscou dans l’adoption, il y a 65 ans, de la Déclaration des Nations unies sur l’octroi de l’indépendance aux pays coloniaux.
Cette référence n’est pas fortuite. Elle permet à la Russie de se distinguer des anciennes puissances coloniales et de revendiquer une relation « sans zones d’ombre ». Vladimir Poutine l’a lui-même affirmé, rappelle Lavrov : « Jamais, à aucun moment, nous ne nous sommes livrés à l’exploitation des peuples africains. » Un argument politique central, à l’heure où de nombreux États africains dénoncent la persistance de rapports asymétriques avec l’Occident.
L’Afrique, pilier du monde multipolaire
Au cœur du discours russe figure une conviction : l’Afrique traverse ce que Lavrov qualifie de « second réveil ». Après la décolonisation politique du XXᵉ siècle, les peuples africains luttent désormais pour une souveraineté pleine, économique, sécuritaire et diplomatique. « Nous soutenons pleinement cette lutte », affirme le chef de la diplomatie russe, soulignant l’engagement de Moscou contre les « formes contemporaines du néocolonialisme ».
La Russie plaide pour une Afrique qui parle « d’une seule voix » sur la scène internationale et soutient une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU intégrant davantage les intérêts du continent. « La diplomatie russe contribuera à l’édification de l’Afrique en tant que centre d’influence majeur du monde multipolaire », insiste Lavrov, rappelant que cette priorité figure noir sur blanc dans le Concept de politique étrangère de la FÃ

