La fiscalité bancaire entre dans une nouvelle phase en République démocratique du Congo. Face au rôle central joué par les banques commerciales dans le financement de l’économie, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a décidé de passer à l’action. Lors du 71ᵉ Conseil des ministres, il a instruit le gouvernement, en lien étroit avec la Banque centrale du Congo et les régies financières, de concevoir une fiscalité spécifique, adaptée et différenciée applicable au secteur bancaire. Une orientation qui traduit la volonté présidentielle de mieux encadrer un secteur jugé stratégique, systémique et structurant, tout en renforçant la mobilisation des ressources publiques. Sans remettre en cause la stabilité financière, cette initiative vise à aligner davantage la contribution des banques sur les priorités économiques nationales, dans un contexte de réformes budgétaires et de recherche d’équité fiscale. Le signal est politique autant qu’économique : l’État entend désormais peser plus fermement sur les règles qui gouvernent le cœur du système financier congolais.
La République démocratique du Congo s’engage vers une réforme ciblée de la fiscalité bancaire. Selon le compte rendu du 71ᵉ Conseil des ministres, lu vendredi à la télévision nationale par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le président de la République a donné des instructions claires en vue de l’instauration d’un régime fiscal spécifique applicable aux banques commerciales opérant dans le pays.
Dans cette dynamique, Félix Tshisekedi a chargé le ministre des Finances de piloter le processus, en étroite collaboration avec le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), les services de la BCC ainsi que l’ensemble des régies financières, tant au niveau national que provincial. Objectif : concevoir, harmoniser et soumettre une fiscalité « particulière, adaptée et différenciée », tenant compte du rôle stratégique et systémique du secteur bancaire dans l’économie congolaise.
Une fiscalité à la hauteur d’un secteur stratégique
Selon le gouvernement, cette orientation répond à la nécessité d’adapter l’outil fiscal à la réalité d’un secteur considéré comme structurant pour la stabilité macroéconomique, la mobilisation de l’épargne et le financement du développement. En soulignant le caractère stratégique des banques commerciales, le chef de l’État entend instaurer un cadre fiscal plus cohérent, mieux aligné sur les enjeux de souveraineté financière et de justice fiscale.
La démarche se veut à la fois concertée et équilibrée. Il ne s’agit pas, précise l’exécutif, de fragiliser le système bancaire, mais plutôt de définir un régime fiscal différencié, capable de renforcer les recettes publiques tout en préservant la solidité et la compétitivité du secteur. La participation conjointe des régies financières nationales et provinciales vise également à éviter les disparités fiscales et à garantir une meilleure harmonisation des pratiques sur l’ensemble du territoire.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de réformes économiques engagées par le gouvernement congolais, marqué par la recherche d’une meilleure mobilisation des ressources internes et par la volonté de faire contribuer de manière plus équitable les secteurs à forte valeur ajoutée. En plaçant la fiscalité bancaire au cœur de l’agenda gouvernemental, le pouvoir exécutif affirme ainsi une ligne politique claire : celle d’un État régulateur, soucieux d’encadrer les leviers clés de l’économie nationale sans compromettre leur rôle moteur.
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